À LA UNE

Fizi : Les barrières illégales des Wazalendo persistent malgré leur interdiction



Malgré une décision claire de suppression émanant de la coordination des leaders Wazalendo, les barrières illégales et payantes continuent de fleurir sur le tronçon routier Fizi-centre Uvira, dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

« Malgré l’interdiction de ces barrières par une commission des leaders Wazalendo la semaine dernière, ce phénomène existe toujours par des récidivistes Wazalendo se trouvant dans leurs traditionnelles positions », a déclaré samedi M. Freddy Mulenga, motard fréquentant régulièrement l’axe Uvira-Fizi.

Selon lui, bien que le nombre de ces points de prélèvement illicite ait diminué, le problème demeure préoccupant.

« Nous comptions une vingtaine de barrières payantes de Wazalendo la semaine dernière. Aujourd’hui, nous en recensons encore dix entre Fizi et Uvira, dont trois entre Fizi-centre et Baraka, et sept entre Baraka et Uvira. Toutes exigent une somme de 1.000 FC, à défaut 500 FC », a-t-il ajouté.

Les voyageurs, motards, et transporteurs sont ainsi contraints de verser quotidiennement de petites sommes, officiellement destinées à l’achat d’eau ou de cigarettes pour les combattants. Pour les camions, le tarif grimpe à 10.000 FC par passage. Une pratique jugée abusive et contraire à l’esprit des décisions récentes prises à Lubonja.


La commission de discipline et de suppression, dirigée par le général autoproclamé René Itongwa, avait pourtant statué sur la limitation des barrières à six postes uniquement, entre Uvira et le village de Nyange, à la frontière entre le Sud-Kivu et le Tanganyika. Cette mesure visait à répondre à des impératifs de sécurité sans alourdir la charge des civils.

Par ailleurs, lors d’une rencontre tenue il y a deux semaines à Lubonja, les chefs coutumiers de quatre secteurs du territoire de Fizi ainsi que du secteur d’Itombwe (territoire de Mwenga) ont tranché : toutes les barrières devaient être levées, et la collecte de l’« effort de guerre » confiée aux chefs de village, assistés par les sociétés civiles et structures de jeunesse.


Pour les usagers de la route, ces décisions restent lettres mortes sur le terrain.

« Nous avons besoin d’un suivi rigoureux de la coordination Wazalendo pour faire respecter leurs propres résolutions. Sinon, cette mesure ne sera qu’un effet d’annonce de plus, » déplore un autre motard interrogé à Baraka.

Le maintien partiel de ces barrières continue de nuire à la libre circulation des personnes et des biens, freinant par ailleurs les efforts de réconciliation et de normalisation dans une région déjà marquée par les conflits armés et l’instabilité chronique.


Alors que le territoire de Fizi tente de se relever et d’instaurer une gouvernance plus transparente, la persistance de ces pratiques informelles mine la confiance entre population et groupes armés Wazalendo, pourtant présentés comme des « libérateurs ».

La balle est désormais dans le camp des autorités locales et des responsables de la coordination Wazalendo, pour faire appliquer leurs propres décisions sur le terrain et mettre fin à ce système de taxation parallèle.

La rédaction

0 Comments

Leave a comment