Par Paul Zaïdi
À Kasindi-Lubiriha, une agglomération frontalière située à l’extrême Est de la République Démocratique du Congo, le trafic routier sur la Route Nationale numéro 4 (RN4) tourne désormais au cauchemar. Depuis plusieurs semaines, les embouteillages ne font que s’aggraver à hauteur de la barrière de Kasindi, au point de plomber l’économie locale et de susciter l’exaspération des usagers.
À la base de ce chaos quotidien : une urbanisation galopante, l’arrêt temporaire du trafic sur la route Beni-Butembo-Goma, et surtout l’absence criante de parkings adaptés pour les opérations de transbordement des marchandises à l’import comme à l’export. Le résultat est sans appel : files interminables, véhicules immobilisés durant des heures et piétons contraints de serpenter entre les camions bloqués.
« Les activités économiques sont fortement ralenties par le phénomène des embouteillages. Nous exigeons au Gouverneur militaire du Nord-Kivu de pouvoir décider sur la délocalisation de la barrière de Kasindi vers le village de Kambo. Cela permettra le désengorgement de cette route qui facilite le commerce entre la RDC et les pays de l’Afrique de l’Est », a déclaré Muhindo Amani Amidu, vice-président de la société civile forces vives, sous-noyau du groupement Basongora.
L’ampleur de la situation est telle que même en dehors des heures de pointe, la circulation reste complètement bloquée. Le point de congestion majeur s’étend de l’entrée principale de la paroisse catholique Saint Conrad jusqu’au poste de contrôle FONER (Fonds national d’entretien routier), actuellement géré par la structure ADR (Action pour le Développement Rural) du député national Elvis Kiyaya Atsongya.
« Avant, pendant, voire après les heures de pointe, la scène est folle. On peut constater sans trop de difficultés le chaos, à partir de l’entrée de la paroisse Saint Conrad jusqu’à la barrière. Nous passons parfois plus d’une heure à l’arrêt, en attendant l’intervention des agents de la PCR (Police de circulation routière) », a témoigné Érick Kawa, chauffeur de gros porteurs.
Face à cette paralysie quasi permanente, les acteurs du transport et les commerçants appellent les autorités à des mesures urgentes et concrètes. L’option de relocaliser la barrière administrative vers des zones moins congestionnées, comme le village de Kambo, revient de plus en plus dans les discussions publiques.
Pour l’heure, les automobilistes continuent de subir au quotidien les conséquences de ce goulot d’étranglement logistique, pendant que les riverains s’inquiètent d’un ralentissement prolongé des activités commerciales dans cette zone stratégique du Nord-Kivu.

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