L’aéroport de Murongo à Bunia doit rouvrir. C’est le cri de cœur lancé depuis Kinshasa par le député national Néné Kashinde Avodjoa, élu de l’Ituri. Face à la paralysie qui frappe le chef-lieu de la province, le député national a saisi officiellement le vice-premier Ministre en charge des Transports.
Dans sa lettre N°28/KAN/DPN/2026 du 19 octobre, réceptionnée le 20 octobre à la primature et au ministère des transports, l’élu de la circonscription électorale d’Aru dresse un constat amer. Si la fermeture de l’aéroport se justifiait au plus fort de la riposte contre la Maladie à Virus Ebola, elle n’a plus aucun sens aujourd’hui.
Pour le premier vice-président de la commission droit de l’homme de l’Assemblée Nationale, la situation sanitaire à Bunia est désormais sous contrôle. Le maintien de la fermeture n’est plus une mesure sanitaire, mais une sanction économique qui étouffe toute une province.
L’argument le plus percutant de son plaidoyer est celui de la discrimination. Kashinde fait remarquer que la Tshopo, le Haut-Uélé et même le Nord-Kivu, qui enregistrent aussi des cas d’Ebola, n’ont jamais vu leurs aéroports fermés.
« Pourquoi alors seul l’Ituri paie ce lourd tribut ? », s’interroge-t-il.
Cette injustice flagrante, explique-t-il, a des conséquences désastreuses. Murongo est le poumon économique de l’Ituri. Sans lui, plus de mobilité pour les personnes, plus d’échanges commerciaux fluides, les investissements sont bloqués et les humanitaires, très présents en Ituri, sont obligés de passer par des voies détournées et coûteuses.
Au-delà de l’économie, c’est le moral de la population qui est touché. Dans sa correspondance, le député rapporte fidèlement le sentiment qui monte dans les rues de Bunia : « celui d’être puni, d’être victime d’un complot ourdi contre l’Ituri ». Un ressentiment qui pourrait s’aggraver si aucune explication claire n’est fournie.
Néné Kashinde ne demande pas une réouverture aveugle. Il se dit conscient des risques sanitaires et sécuritaires. Mais il exige que les mesures prises soient justes, proportionnelles, fondées sur la science et surtout appliquées de la même manière à toutes les provinces du pays, sans exception.
Sa requête est donc simple : « réévaluer en urgence la décision de fermeture et rouvrir Murongo dans les meilleurs délais, quitte à renforcer les contrôles sanitaires à l’embarquement et au débarquement, comme cela se fait partout ailleurs ».
En adressant une copie à la Première Ministre et au Président de l’Assemblée Nationale, l’élu de l’Ituri met la pression maximale sur le Gouvernement. Il compte sur le sens de l’État et l’attachement à l’équité du VPM pour mettre fin à ce qu’il considère comme une injustice républicaine.
Pour les milliers d’Ituriens bloqués, commerçants, malades à évacuer et familles séparées, cette lettre représente un immense espoir. L’aéroport de Murongo va-t-il enfin rouvrir ses pistes ?
Rédaction

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