Beni : leaders religieux et jeunes appellent à une mobilisation accrue et transparente contre Ebol
La lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola prend une nouvelle dimension à Beni, au Nord-Kivu, où les leaders religieux et les représentants de la jeunesse intensifient leurs appels à une mobilisation communautaire. Dans deux déclarations distinctes rendues publiques ce mercredi 4 novembre 2026, ces forces sociales ont plaidé pour une riposte plus coordonnée, permanente et transparente afin de mettre fin à l’épidémie, qui continue de faire des victimes.
Réunis pendant deux jours dans la salle Laudato Si des Sœurs Orantes, à l’initiative de Caritas Internationalis, à travers le Bureau diocésain des œuvres médicales (BDOM) du diocèse de Butembo-Beni, les responsables religieux de différentes confessions du Nord-Kivu ont pris l’engagement d’accompagner activement les efforts de riposte.
Dans une déclaration commune lue par Monseigneur Adolphe Isesomo, évêque anglican, et signée par plus de dix hauts responsables religieux de l’espace Beni-Lubero, ils promettent de renforcer la sensibilisation dans les églises, les mosquées, les établissements scolaires et les différentes communautés.
Ces responsables confessionnels entendent également lutter contre la stigmatisation des personnes affectées par Ebola, les rumeurs et la désinformation, tout en encourageant la population à respecter les mesures de prévention et à collaborer avec les équipes sanitaires.
Ils exhortent, par ailleurs, le gouvernement ainsi que les partenaires techniques et financiers à accroître leur soutien matériel et logistique aux structures sanitaires, aux écoles et aux lieux de culte. Ils recommandent également la formation des leaders religieux et communautaires, ainsi qu’une meilleure prise en charge des malades, des survivants et des familles affectées par l’épidémie.
Cette déclaration rassemble notamment les responsables des communautés catholique, anglicane, EERA, protestante, adventiste, des Églises de réveil et musulmane, qui réaffirment leur disponibilité à travailler aux côtés des autorités sanitaires.
La jeunesse exige transparence et responsabilité
Dans une démarche complémentaire, le Conseil urbain de la jeunesse de Beni appelle à passer des discours aux actions concrètes. S’appuyant sur les données épidémiologiques arrêtées au 30 octobre dernier, cette structure fait état de 2 576 cas confirmés, dont 1 531 décès, soit un taux de létalité de 59 %. Elle mentionne également 341 personnes guéries et 652 cas actifs.
Pour Joël Kabunga, porte-parole du Conseil urbain de la jeunesse, ces chiffres traduisent une tragédie humaine et sociale qui exige une réponse à la hauteur de la menace.
« Derrière ces statistiques se cachent des vies perdues, des familles endeuillées, voire un tissu socio-économique davantage fragilisé », a-t-il déclaré lors de la lecture de la déclaration.
La structure dénonce notamment les pratiques de favoritisme, de clientélisme et les influences politiques qu’elle considère comme des obstacles à l’efficacité de la riposte. Elle exige davantage de transparence dans la gestion des fonds mobilisés pour lutter contre l’épidémie, estimant que les ressources destinées à sauver des vies doivent être utilisées de manière responsable et au bénéfice des communautés affectées.
Le Conseil urbain de la jeunesse appelle également la population à collaborer avec les équipes sanitaires, tout en veillant au respect de la dignité et des droits des communautés.
À travers ces deux prises de position, leaders religieux et représentants de la jeunesse convergent vers une même exigence : faire de l’engagement communautaire, de la solidarité, de la transparence et de la responsabilité collective des piliers essentiels de la riposte contre Ebola dans la région de Beni et de Lubero.
La rédaction

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