L’opposant Jean-Marc Kabund a vivement critiqué, dimanche 1er novembre 2026, les déclarations de Félix Tshisekedi sur l’affaire Prince Epenge, estimant que le chef de l’État risque d’influencer la justice après avoir affirmé que Manassé Lomboto était mort de maladie, et non lors d’une manifestation.
Dans une réaction adressée au président de la République, Jean-Marc Kabund s’est dit profondément déçu par les propos tenus le 30 octobre devant la diaspora congolaise en Russie. Il soupçonne certains collaborateurs du chef de l’État de lui avoir transmis des informations inexactes sur les circonstances de la mort de Manassé Lomboto.
« En vous exprimant publiquement sur une affaire qui relève désormais de l’appréciation des juges, vous prenez le risque de transformer vos déclarations en une véritable injonction politique adressée aux magistrats chargés d’instruire le dossier », a déclaré l’ancien président intérimaire de l’UDPS.
Jean-Marc Kabund estime que Félix Tshisekedi aurait dû faire preuve de réserve, alors que la procédure judiciaire concernant l’opposant Prince Epenge est toujours en cours. Pour lui, les déclarations présidentielles risquent de donner l’impression que l’issue de cette affaire est déjà déterminée au sommet de l’État.
L’opposant conteste particulièrement la version présentée par le chef de l’État sur la mort de Manassé Lomboto. Il affirme avoir personnellement aperçu la victime lors de la marche concernée, quelques minutes avant une attaque à la machette dont il dit avoir lui-même été victime devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel.
« Je l’ai aperçu quelques minutes seulement avant l’attaque à la machette dont nous avons été victimes devant le siège de l’UDPS, votre propre parti politique », a-t-il affirmé, se disant prêt à apporter son témoignage devant les instances judiciaires compétentes.
Kabund a également mis en garde contre les risques liés à la désinformation au sein de l’entourage présidentiel. Selon lui, certains collaborateurs privilégieraient les informations susceptibles de plaire au chef de l’État, au risque de l’éloigner de la réalité vécue sur le terrain.
Cette réaction intervient après la prise de parole de Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise en Russie, vendredi 30 octobre. Le président de la République avait alors affirmé que Manassé Lomboto était décédé des suites d’une maladie, rejetant ainsi la version faisant état d’un décès survenu lors d’une manifestation.
Au cours du même échange, le chef de l’État avait également évoqué le dossier judiciaire de Prince Epenge, avec des propos critiques à l’égard de l’opposant. Il avait notamment lancé : « Pourquoi veux-tu aller en Europe, viens expliquer tes mensonges », tout en estimant que l’opposition congolaise était faible.
Félix Tshisekedi avait par ailleurs rejeté les accusations de dictature et de dérive autoritaire formulées notamment par son prédécesseur Joseph Kabila. En réponse, il avait accusé l’ancien président d’être responsable de morts parmi les chrétiens dans les églises et les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo.
L’affaire Prince Epenge intervient dans un climat de tensions politiques autour de la liberté de manifestation et de l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo. Le vendredi 30 octobre 2026, le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe avait rejeté la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de l’opposant. Cette requête avait été déposée le mercredi 28 octobre, alors que Prince Epenge faisait l’objet de poursuites judiciaires liées à cette affaire.
Jonathan Merci

0 Comments