La riposte contre Ebola est en panne sèche à Nia-Nia, en territoire de Mambasa situé à plus de 100 kilomètres au sud-ouest de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri au nord-est de la République Démocratique du Congo.
Depuis le 22 octobre 2026, les agents des piliers Surveillance, CREC (Communication des Risques et Engagement Communautaire) et PCI/WASH ont arrêté tout travail. Ils ont décrété une grève sèche et illimitée qui paralyse les activités de terrain dans cette zone de santé de la province de l’Ituri.
A l’origine de cette grogne, deux mois de primes impayées : août et septembre 2026. Les agents disent avoir épuisé toutes les voies de recours auprès du coordonnateur de la riposte, sans obtenir de suite favorable.
Pourtant, la bonne foi avait été mise en avant. Après une rencontre avec les délégués de l’Africa CDC et de l’OMS, les grévistes avaient accepté d’observer un moratoire d’une semaine, le temps de trouver une solution.
Une semaine après, aucune solution. Aucun paiement n’a été effectué, dénoncent-ils dans une déclaration dont notre média a obtenu un extrait.
Le plus révoltant pour ces agents de première ligne, c’est la discrimination. D’après eux, d’autres piliers engagés dans la même riposte Ebola à Nia-Nia ont déjà perçu leurs primes, alors qu’eux sont oubliés. Ils parlent d’un traitement à deux vitesses, inacceptable alors qu’ils sont exposés au même risque sur le terrain pour contenir l’épidémie.
Désormais, les grévistes posent une condition claire : la suspension totale de leurs activités jusqu’au paiement intégral des deux mois d’arriérés. Ils préviennent qu’ils durciront leur mouvement si leur revendication n’est pas entendue.
Contactés, certains acteurs de la société civile locale craignent le pire. L’arrêt de la surveillance épidémiologique et de la sensibilisation communautaire pourrait fragiliser dangereusement toute la stratégie de riposte.
Il faut rappeler que la Zone de Santé de Nia-Nia est touchée par la maladie à virus Ebola depuis le 13 juin dernier, et toute rupture dans la chaîne de riposte fait planer le risque d’une nouvelle propagation.
Rédaction

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