Le ministre d’État en charge de la Justice en République démocratique du Congo a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre la surpopulation carcérale, améliorer les conditions de détention et accélérer le traitement des dossiers judiciaires, notamment à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans l’ouest du pays.
Le ministre a dénoncé les difficultés persistantes du système pénitentiaire congolais, notamment l’insuffisance du personnel judiciaire et pénitentiaire, qui contribue à la lenteur des procédures et au maintien prolongé de nombreux détenus en détention préventive.
À ces difficultés s’ajoutent le manque de nourriture, la dégradation des infrastructures et la propagation de plusieurs maladies, notamment la fièvre typhoïde, la tuberculose, le choléra et l’hépatite. Selon le ministre, certains détenus souffrant de problèmes de santé nécessitent une prise en charge médicale adaptée, plutôt qu’un maintien systématique en prison.
Le responsable de la Justice a également alerté sur la vétusté de certains bâtiments pénitentiaires, exposés à des risques d’effondrement et d’incendie. Ces conditions compromettent la sécurité des personnes détenues et renforcent la nécessité d’engager des réformes au sein des établissements concernés.
Le ministre défend une nouvelle approche de la détention, qui ne doit plus se limiter à la punition, mais également favoriser la rééducation et la réinsertion sociale. S’inspirant notamment du modèle des prisons-écoles découvert lors d’une visite en Chine, il plaide pour des programmes permettant aux détenus d’acquérir des compétences professionnelles en vue de faciliter leur retour dans la société après leur libération.
Cette orientation vise à limiter la marginalisation des anciens détenus et à réduire les risques de récidive grâce à une meilleure préparation à la vie après la prison.
Pour désengorger les établissements les plus surpeuplés, le ministre a annoncé plusieurs mesures, dont l’identification des détenus malades afin de leur garantir une prise en charge appropriée. Il a également engagé des démarches auprès des autorités judiciaires pour accélérer l’examen des dossiers et favoriser, lorsque les conditions légales sont réunies, les mises en liberté provisoire.
Le ministre a par ailleurs évoqué un examen plus rigoureux des nouvelles admissions en prison, en tenant compte de la nature des faits reprochés et de la situation individuelle des personnes concernées. La prison de Bandundu figure également parmi les établissements évoqués dans ces annonces, le ministre ayant fait état de sa fermeture.
Au-delà du désengorgement, les autorités sont appelées à garantir la dignité des personnes détenues et le respect de leurs droits fondamentaux. L’amélioration des conditions carcérales nécessite une coordination entre les services judiciaires, les responsables pénitentiaires et le gouvernement, afin de répondre durablement aux difficultés du système.
En République démocratique du Congo, la surpopulation carcérale demeure une préoccupation majeure, particulièrement à la prison centrale de Makala, située à Kinshasa. Les difficultés liées à la détention préventive, au manque de ressources et à l’état des infrastructures continuent de poser des défis à l’administration de la justice. Les mesures annoncées devront se traduire par des actions concrètes pour améliorer les conditions de détention et renforcer le respect des droits humains dans les établissements pénitentiaires du pays.
Norbert Luhindula

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