Ce samedi 3 octobre 2026, cela fera deux ans jour pour jour depuis le naufrage du MV Merdi, survenu le 3 octobre 2024 près du port de Kituku, à Goma, alors qu’il provenait de Minova, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.
Deux ans après ce naufrage, les familles des victimes ne bénéficient toujours pas de prise en charge, alerte l’organisation de défense des orphelins et des personnes démunies SOMA Asbl, qui suit de près ce dossier.
Dans une interview accordée ce 2 octobre, Augustin Mapenzi, son directeur exécutif, révèle que les familles dont certains membres sont décédés dans le naufrage traversent de graves difficultés économiques. Il parle d’au moins 296 enfants qui risquent d’abandonner les cours faute de frais de scolarité. Cette situation s’observe notamment à Bweremana et à Minova.
Son directeur exécutif, Augustin Mapenzi, s’exprime en marge de la commémoration des deux ans de cet incident tragique, qui avait coûté la vie à des centaines de personnes qui quittaient Minova pour la ville de Goma le 3 octobre 2024.
« Par rapport au naufrage du bateau Merdi, nous avons été sur le terrain avec notre équipe et nous avons compris que ces enfants qui avaient perdu leurs parents dans ce naufrage se trouvent dans une situation précaire, surtout en ce qui concerne leur éducation. Après avoir échangé à Minova avec le conseiller résident des écoles primaires catholiques, nous avons compris que ces enfants n’ont même pas de cahiers ni d’uniformes, alors que cela fait plus d’un mois que l’année scolaire a débuté en RDC. Cela est anormal. C’est pourquoi nous lançons un appel au gouvernement congolais pour lui rappeler que ces enfants sont aussi des Congolais et qu’ils méritent une éducation », déclare-t-il.
Un appel à la mobilisation communautaire également
Par ailleurs, l’Asbl SOMA estime que les membres de la communauté devraient également se mobiliser pour accompagner ces enfants ainsi que les autres victimes de ce naufrage. Augustin Mapenzi appelle les uns et les autres à poser des gestes de solidarité en leur faveur.
« Nous allons compatir avec ces enfants et, là, nous ne viendrons pas seulement avec la parole, mais plutôt avec un geste. Nous, à SOMA Asbl, avons décidé de leur apporter quelques cahiers. Les moyens proviennent de nos propres contributions au sein de l’organisation, mais nous sommes ouverts et tendons la main à toute personne qui voudrait nous accompagner afin de se joindre à nous pour conjuguer nos efforts en faveur de ces enfants », ajoute-t-il.
Pour rappel, le bateau MV Merdi, parti de Minova à destination de Goma, transportait ce jour-là, le 3 octobre 2024, des dizaines de passagers ainsi que diverses marchandises. L’embarcation, selon les enquêtes initiales, était largement surchargée et ne respectait pas les normes minimales de sécurité : ni gilets de sauvetage, ni contrôles techniques, ni dispositif d’urgence.
Les causes exactes du naufrage restent floues, mais des témoignages pointent une négligence présumée des autorités portuaires, un manque de contrôle et l’absence de normes de sécurité suffisantes sur les eaux congolaises.
À la suite du naufrage, une délégation du gouvernement central s’était rendue à Goma et avait promis la prise en charge des familles, des indemnisations et surtout une réforme urgente du transport lacustre. Mais deux ans plus tard, aucune de ces annonces n’a été suivie d’effets visibles sur le terrain, déplore ce défenseur des droits de l’homme.
Victoire Muliwavyo

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