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Journée mondiale du gorille : les naissances se multiplient dans les Virunga malgré les menaces

La Journée mondiale du gorille est célébrée ce jeudi 24 septembre 2026, avec un accent particulier sur la conservation des gorilles de montagne du Parc national des Virunga, dans l’est de la RDC, où 13 naissances ont été enregistrées depuis janvier, selon les données du parc.

Cette journée mondiale constitue une occasion de sensibiliser le public à la protection des gorilles, grands singes menacés par le braconnage, les maladies, la destruction de leur habitat et les pressions exercées sur les forêts tropicales. Elle est célébrée chaque 24 septembre, date correspondant à la création, en 1967, du Centre de recherche de Karisoke par la primatologue Dian Fossey au Rwanda.

Dans le Parc national des Virunga, situé dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, les efforts de suivi et de protection se poursuivent notamment dans le secteur Mikeno, habitat des gorilles de montagne. Les pisteurs communautaires et les équipes de terrain assurent un suivi régulier des différentes familles.

Selon les données publiées par le Parc national des Virunga, 13 naissances ont été enregistrées depuis le début de l’année 2026. Ce nombre dépasse déjà les 8 naissances recensées sur l’ensemble de l’année 2025. En 2024, le parc avait enregistré 10 naissances.

L’année 2026 a notamment été marquée par deux naissances gémellaires, phénomène particulièrement rare chez les gorilles de montagne. La première a été enregistrée le 3 janvier au sein de la famille Bageni. Les deux nouveau-nés mâles, issus de la femelle Mafuko, ont été placés sous surveillance des pisteurs communautaires.

Une seconde naissance de jumeaux a ensuite été enregistrée dans la famille Baraka, dans le secteur Mikeno. Les deux nouveau-nés, une femelle et un mâle, ont également fait l’objet d’un suivi rapproché par les équipes chargées de leur protection. Les naissances gémellaires représentent généralement moins de 1 % des naissances chez les gorilles de montagne.

Au-delà de la reproduction, les gorilles jouent un rôle important dans l’écosystème forestier. En consommant des fruits et en dispersant leurs graines, ils participent à la régénération naturelle des forêts, notamment dans le bassin du Congo.

Tuver Wandi, expert et chercheur en environnement, estime que les efforts de conservation doivent également tenir compte du rôle des communautés vivant autour des aires protégées.

« Les naissances sont célébrées directement par les écogardes et les pisteurs communautaires, qui attribuent les noms après une période d’observation d’environ deux mois, en choisissant des termes porteurs de sens », explique-t-il.

Au Rwanda voisin, la conservation des gorilles bénéficie notamment d’une cérémonie annuelle de dénomination baptisée Kwita Izina. Lors de sa 21e édition, organisée le 4 septembre 2026 à Kinigi, au pied du Parc national des Volcans, 22 bébés gorilles nés au cours de l’année précédente ont reçu des noms.

Cette tradition, lancée en 2005, s’inspire d’une pratique culturelle rwandaise consistant à donner officiellement un nom au nouveau-né devant sa famille et sa communauté. Pour les gorilles, l’identification individuelle facilite notamment le suivi de leur santé, de leur comportement et de leur filiation par les écogardes, scientifiques et vétérinaires.

Le Rwanda a également mis en place un mécanisme de partage des revenus issus du tourisme avec les communautés riveraines des parcs nationaux. Selon les informations fournies dans les éléments transmis, une partie de ces ressources contribue notamment au financement d’écoles, de structures sanitaires, de projets d’accès à l’eau, de routes et d’activités agricoles ou artisanales.

En République démocratique du Congo, les cérémonies internationales de grande ampleur autour des gorilles restent plus difficiles à organiser dans le secteur Mikeno, où les conditions sécuritaires limitent l’organisation d’événements réunissant de nombreux visiteurs et personnalités internationales.

La conservation repose ainsi largement sur le travail quotidien des écogardes, pisteurs, vétérinaires et communautés locales. Ces équipes poursuivent le suivi des familles de gorilles malgré les différentes menaces pesant sur leur habitat et leur survie.

Le massif des Virunga, partagé entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda, abrite désormais plus de 1 000 gorilles de montagne, alors que la population mondiale de cette sous-espèce était tombée à un peu plus de 350 individus dans les années 1980. Le Parc national des Virunga accueille environ 350 gorilles de montagne, soit plus d’un tiers de la population mondiale estimée à environ 1 075 individus.

Elisé Kant

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