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Sud-Kivu : une entreprise sommée de reprendre sous sept jours les travaux de la RN30 à Uvira

Le gouverneur du Sud-Kivu a accordé dimanche 9 août 2026 un délai de sept jours à EIS-Africa pour reprendre les travaux de la RN30 à Uvira, dans l’est de la RDC, faute de quoi une sanction sera prise contre l’entreprise reliant le Burundi.

Jean-Jacques Purusi Sadiki exige ainsi la reprise des travaux depuis la frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi, ainsi que sur le tronçon allant du rond-point Kavimvira vers cette frontière, avec un calendrier précis pour l’achèvement de l’ouvrage.

« Avec des contrôleurs malléables et sans doute complaisants déjà dans votre poche, vous ne craignez rien ni personne. Sauf que tout le monde n’est pas à ce niveau et je tiens à vous dire qu’en tant que représentant spécial du Président de la République au Sud-Kivu et Président du Comité de pilotage de tous les projets opérant dans notre Province, si dans 7 jours je ne vois pas des travaux commencés à la frontière du Burundi et les autres depuis le Rond-point Kavimvira vers ladite frontière, avec un calendrier précis pour la remise de cet ouvrage, comme vous vous y étiez engagé dans mon bureau il y a plus d’un an accompagné de vos équipes, je vais prendre une sanction », a déclaré le gouverneur du Sud-Kivu.

L’autorité provinciale dénonce notamment la lenteur observée dans l’exécution du projet, alors que l’entreprise avait pris l’engagement, depuis plus d’une année, de finaliser les travaux dans un délai de quelques mois.

Jean-Jacques Purusi Sadiki affirme également avoir relevé des difficultés liées aux conditions de travail de certains agents affectés au chantier, évoquant des équipes « presque toutes impayées ou mal payées », selon les informations recueillies par ses services.

Le gouverneur critique par ailleurs le rythme d’avancement des travaux et les conséquences de cette situation sur les habitants d’Uvira, ville située dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, à proximité de la frontière avec le Burundi.

« Au-delà de quelques défis rencontrés par le projet, la mauvaise foi de votre part est manifeste, vous ne voulez pas que ces travaux se terminent. Aucun respect à la population locale, qui doit se contenter d’avaler la poussière occasionnée par des travaux aussi lents que de basse qualité, alors que le contrat prévoit des dispositifs d’arrosage permanent », a-t-il fait remarquer.

Selon le chef de l’exécutif provincial, les autorités congolaises doivent également être respectées dans le suivi de cet ouvrage financé dans le cadre d’un prêt contracté par la République démocratique du Congo auprès de ses partenaires.

« Vous avez eu le marché avec l’UE, vous n’avez aucun compte à rendre à personne en RDC, oubliant qu’il s’agit d’un prêt contracté par notre Pays pour financer cet ouvrage », a ajouté Jean-Jacques Purusi Sadiki.

L’autorité provinciale estime que les difficultés institutionnelles et les multiples défis auxquels fait face la RDC ne devraient pas servir de justification à une exécution prolongée des travaux.

Elle affirme que des experts indépendants évaluent entre six et douze mois la période nécessaire pour achever l’ensemble du chantier, alors que le projet s’étend déjà sur plusieurs années.

« Des experts indépendants compétents disent clairement qu’entre 6 et 12 mois suffisent pour tout terminer, mais nous en sommes à plusieurs années, sans espoir de voir le bout du tunnel. Et comme vous le savez, la paralysie quasi intentionnelle de cette route tue les affaires entre le Sud-Kivu et le reste du monde », a conclu le gouverneur.

Jean-Jacques Purusi Sadiki demande également au responsable d’EIS-Africa de se présenter dans son bureau avec toute son équipe dans un délai de sept jours, afin de discuter de la poursuite du projet et des mesures à prendre pour accélérer son exécution.

Les travaux de la RN30 ont été lancés en octobre 2023 par Alexis Gisaro Muvunyi, alors ministre d’État chargé des Infrastructures et Travaux publics. Depuis leur lancement, leur lenteur a régulièrement suscité des critiques de la part des acteurs de la société civile et des habitants d’Uvira.

En mars 2026, après le retrait des combattants de l’AFC-M23 de la ville d’Uvira, Jean-Jacques Purusi Sadiki avait relancé les travaux de cette route considérée comme stratégique pour les échanges entre la RDC et le Burundi. La RN30 constitue en effet un axe important reliant Uvira à la frontière burundaise et facilitant les échanges commerciaux entre le Sud-Kivu et les pays de la région.

 

La rédaction

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