Le bulletin du ministère de la Santé du 21 juillet 2026 dresse un bilan lourd. Au total, la RDC compte 2 536 cas confirmés d’Ebola et 1 033 décès. Le taux de létalité atteint 40,7 %. Dans le même document, 738 patients sont encore en isolement ou hospitalisés, et 506 personnes ont été déclarées guéries. Les chiffres parlent d’une épidémie qui ne faiblit pas.
Sur le terrain, la riposte est déployée sur cinq fronts : Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo. Les équipes poursuivent trois chantiers en parallèle : la surveillance, la prise en charge des malades et le suivi des contacts. Ce dernier point reste sensible. Le taux de suivi est de 77,2 %. Autrement dit, près d’un contact sur quatre échappe encore au radar des enquêteurs.
C’est en Ituri que la pression est la plus forte. La province est désignée comme principal foyer.
Pour tenter d’inverser la courbe, les autorités annoncent un renforcement des capacités des équipes de terrain, des laboratoires et des structures de soins. Les points d’entrée sont mieux contrôlés. La sensibilisation communautaire a été intensifiée, avec un appui logistique et médical censé consolider la réponse.
Mais la question revient dans les couloirs des hôpitaux et dans les radios locales : le virus va-t-il plus vite que les équipes ? Les indicateurs donnent une réponse nuancée. Avec 738 malades encore actifs et un taux de suivi sous la barre des 80 %, le virus continue de trouver des failles. Chaque contact non suivi est une possible chaîne de transmission qui repart.
Pourtant, dire que la riposte est dépassée serait inexact. Le fait que 506 personnes soient guéries montre que la prise en charge fonctionne quand les cas arrivent à temps dans les centres. Le déploiement dans cinq provinces simultanément exige aussi une logistique lourde qui, selon le ministère, est en cours de consolidation. Le problème n’est donc pas seulement technique.
En Ituri, les difficultés tiennent autant à la géographie qu’aux relations humaines. Zones enclavées, insécurité, méfiance envers les équipes extérieures : ces facteurs ralentissent la détection et l’isolement. Renforcer les laboratoires et les points de contrôle aide, mais si l’information n’arrive pas à temps, le virus a déjà pris deux jours d’avance.
Le taux de létalité à 40,7 % rappelle une autre réalité : tous les cas ne sont pas pris en charge tôt. Beaucoup arrivent tard dans les structures, parfois après avoir consulté des tradipraticiens. La sensibilisation communautaire intensifiée vise justement à casser ce délai. C’est là que se joue la course de vitesse.
En somme, le virus ne “court” pas plus vite que la science ou que les moyens déployés. Mais il profite des retards de confiance, des trous dans le suivi des contacts et des distances. La riposte progresse, elle sauve et elle isole. Pour la dépasser définitivement, il faudra que les 77,2 % de suivi deviennent 95 %, et que chaque alerte en Ituri soit traitée le jour même. C’est à ce prix que la courbe pourra enfin plier.
Nickson Manzekele, à Bunia

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