Le Conseil national Genre et Parité (CNGP), à travers son comité de plaidoyer, a rendu public lundi 20 juillet, à Kinshasa, République démocratique du Congo, un cahier des charges exigeant une participation décisionnelle des femmes aux processus de paix afin de garantir des accords inclusifs, légitimes et durables.
« Aucune décision sur la paix en République démocratique du Congo ne doit être prise sans la participation pleine, entière et décisionnelle des femmes », a déclaré le comité de plaidoyer du CNGP.
Le document rappelle que les Congolaises subissent depuis plusieurs années les conséquences les plus lourdes des violences armées, tout en restant faiblement représentées dans les espaces où se négocient les solutions pour le retour de la paix. Une situation que le CNGP estime contraire à l’article 14 de la Constitution de la RDC ainsi qu’à la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les Femmes, la Paix et la Sécurité.
À travers ce cahier des charges, le comité formule quatre principales revendications. Il réclame d’abord qu’au moins 30 % des négociateurs, médiateurs et experts participant aux assises de paix soient des femmes, avec une évolution progressive vers la parité.
Le CNGP demande également que les femmes originaires du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri soient représentées dans les mécanismes de dialogue afin que les réalités vécues dans ces provinces soient prises en compte.
« La paix ne peut être durable lorsque plus de la moitié de la population est tenue à l’écart des décisions qui concernent son avenir », souligne le document.
L’organisation plaide aussi pour que les futurs accords accordent une place prioritaire à la lutte contre les violences basées sur le genre, à la réparation des survivantes, à la justice transitionnelle ainsi qu’à l’intégration de l’approche genre dans les programmes de désarmement et de réintégration.
Enfin, le comité recommande des réformes institutionnelles visant à renforcer l’application de la parité, promouvoir une budgétisation sensible au genre et instaurer des mécanismes contraignants garantissant une représentation équilibrée des femmes dans les instances de décision.
« L’inclusion des femmes n’est ni une faveur ni une option politique. Elle constitue une exigence constitutionnelle, un engagement international et une condition essentielle pour bâtir une paix juste, inclusive et durable », insiste le CNGP.
Le comité de plaidoyer réaffirme sa disponibilité à accompagner toutes les initiatives favorisant la participation effective des femmes dans la consolidation de la paix, la cohésion sociale et le développement durable en République démocratique du Congo.
Depuis l’adoption de la Résolution 1325 des Nations Unies en 2000 et malgré les dispositions de la Constitution congolaise consacrant la parité, la représentation des femmes dans les processus de paix et les mécanismes de prise de décision demeure limitée, alors qu’elles continuent de supporter une grande partie des conséquences des violences dans les provinces affectées par l’insécurité.
Elisé Kant

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