Révision de la Constitution : les prêtres de Kananga se rebellent contre la Cenco
Les prêtres de l’Archidiocèse de Kananga sont sortis de leur réserve. Dans une déclaration rendue publique le 30 juin 2026, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, ils apportent des clarifications sur le message publié le 19 juin dernier par les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), après les nombreuses réactions enregistrées dans la ville de Kananga.
Dans leur mise au point, les signataires expliquent que la déclaration de la CENCO a donné lieu à des tensions, notamment des insultes et intimidations contre des prêtres et des personnes consacrées, des perturbations lors de certaines célébrations dominicales ainsi que des attaques sur les réseaux sociaux visant les autorités ecclésiastiques.
Les prêtres tiennent d’abord à rappeler que le texte publié par la CENCO est un message pastoral et non une décision administrative ou une injonction ayant force de loi.
Selon eux, les évêques ont exercé leur mission spirituelle sans chercher à se substituer aux institutions de la République.
Ils soulignent par ailleurs que ce message ne peut empêcher ni un éventuel processus de révision de la Constitution ni l’exercice du libre arbitre des citoyens congolais.
Évoquant la liberté d’expression, les prêtres rappellent que la Constitution garantit à chaque citoyen le droit d’exprimer librement son opinion. À leurs yeux, les responsables religieux bénéficient également de cette liberté dans l’exercice de leur mission pastorale.
La déclaration revient également sur la mission prophétique de l’Église. Les signataires estiment que les évêques ont le devoir d’intervenir sur les questions touchant à la justice, à la vérité et au bien commun. Ils rappellent en outre que les prises de position de la CENCO sont adoptées de manière collégiale, précisant qu’aucun évêque ne peut être individuellement désavoué pour avoir signé une déclaration commune, ce qui, selon eux, justifie la participation de l’Archevêque métropolitain de Kananga au message du 19 juin.
Concernant le débat sur une éventuelle révision de la Constitution, les prêtres rappellent que cette possibilité est prévue par la loi fondamentale. Citant l’article 218, ils indiquent que l’initiative appartient notamment au Président de la République, au Gouvernement, au Parlement ainsi qu’à une fraction du peuple congolais.
Ils affirment ainsi qu’une modification de la Constitution de 2006 demeure juridiquement envisageable, à condition de respecter strictement les procédures prévues par la Constitution et les principes démocratiques.
Dans leur conclusion, les prêtres lancent un appel à la jeunesse de Kananga et de toute la République démocratique du Congo à préserver le patrimoine ecclésiastique, à faire preuve de responsabilité et à respecter les évêques, les prêtres ainsi que les personnes consacrées.
Ils invitent enfin les Congolais à privilégier le dialogue, la tolérance, la cohésion nationale et la paix, tout en réaffirmant leur attachement à la stabilité et au développement du pays.
La déclaration est signée par dix-sept prêtres de l’Archidiocèse de Kananga et datée du 30 juin 2026.
Elisé Kant

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