Ituri : la fermeture de la frontière Ougandaise suite à Ebola impacte négativement l’économie d’Aru (Dieudonné Tabani)

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À Aru, dans le nord de l’Ituri, la fermeture de la frontière par l’Ouganda pour freiner Ebola pèse lourd sur les ménages. À 300 km au nord de Bunia, via Djugu et Mahagi, le territoire vit au rythme du shilling ougandais. Et depuis la fermeture, le panier de la ménagère devient de plus en plus difficile à remplir.

L’Ouganda a fermé ses postes frontaliers avec l’Ituri pour éviter toute importation de cas d’Ebola. Objectif : protéger les populations. Mais à Aru, cette décision coupe l’oxygène économique. La majorité des produits de base : haricots, riz, huile, farine,…, arrivent d’Ouganda et se payent en shillings.

Résultat : pénurie, hausse des prix, et difficultés d’approvisionnement. Les commerçants d’Aru, Mahagi et Djugu ne parviennent plus à s’approvisionner normalement. Les familles, déjà fragilisées par l’insécurité, voient leur budget exploser. Pour beaucoup, acheter le strict minimum est devenu un casse-tête quotidien.

Sur les marchés, les mamans se plaignent : « un kilo de sucre, un savon, même l’essence coûtent plus cher. Et comme les transactions se font surtout en shilling ougandais, la rareté de cette monnaie complique encore les échanges. Le franc congolais peine à prendre le relais ».

Face à cette situation, un député provincial et notable d’Aru tire la sonnette d’alarme. Maître Dieudonné Tabani appelle à une intervention rapide du nouveau gouverneur de l’Ituri. Son objectif : solliciter auprès des autorités ougandaises une réouverture momentanée et encadrée de la frontière.

« Faute de quoi, la faim sera une deuxième problématique à Aru après Ebola », alerte maître Dieudonné Tabani questeur de l’Assemblée Provinciale de l’Ituri, élu de la circonscription électorale d’Aru.

À l’en croire, Ebola tue, mais la faim, elle, touche tout le monde, tous les jours. Et dans un territoire frontalier, bloquer les échanges, c’est bloquer la vie. Le député plaide donc pour un couloir humanitaire ou des mesures d’exception : dépistage renforcé, cheik-points sanitaires stricts, mais maintien d’un minimum de trafic commercial. Protéger de Ebola, oui. Mais sans sacrifier la survie des populations.

Nickson Manzekele

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