Des organisations de la société civile du Nord-Kivu dont APDDH, GATT-RN, IDDCHOPE, Congo Notre Avenir, CFDD RDC, MAIDENI, CASC-Rutshuru, Haki Zangu, CREDDHO, IPDH, LUCHA RDC-Afrique, PIDP, CVAR-ONGDH, FORED, FDAPID, EJPDE et ACEDH, ont dénoncé vendredi 13 mars ce qu’elles qualifient d’« instrumentalisation » et de « manifestations forcées » imposées à des habitants de la ville de Goma et du territoire voisin de Nyiragongo par le M23-AFC, qu’elles accusent d’avoir contraint la population à participer à des rassemblements politiques.
Dans une déclaration publiée à Beni, les organisations affirment que des civils ont été forcés de participer à des manifestations organisées à la suite du décès de Madame Carine, une employée de l’UNICEF.
« La population est actuellement contrainte, sous la menace des baïonnettes, de participer à des mises en scène orchestrées par l’agresseur rwandais à travers ses supplétifs de la coalition M23-AFC », indiquent les organisations dans leur déclaration.
Selon la société civile, des combattants du mouvement se seraient déployés dès l’aube du 12 mars dans plusieurs villages du territoire de Nyiragongo et dans des quartiers de Goma afin de forcer les habitants à participer à ces rassemblements.
« Des hommes, des femmes et des jeunes ont été arrachés de leurs maisons, parfois en plein sommeil, et conduits vers différents points de rassemblement sous la menace des armes », affirment les organisations.
Elles ajoutent que les civils auraient ensuite été transportés vers Goma à bord de camions et de véhicules de type bennes et mini-bennes afin de donner l’image d’une mobilisation populaire contre les frappes de drones.
La société civile affirme également que des enfants auraient été utilisés dans ces rassemblements.
« Des enfants mineurs ont été arrachés à leurs familles et jetés dans la rue pour servir de boucliers humains et donner une apparence de jeunesse révoltée à cette mascarade », dénoncent les organisations, ajoutant que l’utilisation d’enfants à des fins politiques ou militaires constitue un crime de guerre.
Les organisations accusent par ailleurs les combattants d’exercer des pressions sur les chefs de villages, les notables locaux et les chefs de quartiers afin qu’ils fournissent un nombre déterminé de personnes pour ces manifestations.
« Plusieurs jeunes ayant refusé de participer à cette manipulation auraient été arrêtés et conduits vers des destinations inconnues », affirme la déclaration.
La société civile souligne également ce qu’elle décrit comme un contraste entre ces manifestations et le silence observé par les rebelles face aux catastrophes minières survenues récemment à Rubaya, dans le territoire de Masisi.
« Plus de 1 300 personnes ont péri dans des éboulements de mines sous leur contrôle, sans qu’aucune compassion ni manifestation de deuil ne soit organisée », indiquent les organisations.
Selon elles, ces actions viseraient à détourner l’attention internationale de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Pendant qu’ils simulent des marches pacifiques à Goma, les agresseurs poursuivent leur plan de déstabilisation nationale », ajoutent-elles, affirmant que des attaques de drones auraient également visé l’aéroport de Kisangani et certaines positions de l’armée congolaise.
Dans leur déclaration, les organisations appellent la communauté internationale à condamner l’utilisation d’enfants dans des manifestations forcées, à soutenir l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les frappes de drones signalées à Goma et Kisangani et à exiger le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Elles demandent également des sanctions contre les responsables de crimes et de violations du droit international humanitaire dans l’est de la RDC.
La société civile appelle par ailleurs le gouvernement congolais à intensifier les efforts diplomatiques et militaires pour rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
« Le peuple congolais ne doit plus être utilisé comme bouclier humain, instrument de propagande ou victime silencieuse d’une guerre imposée », concluent les organisations.
La rédaction

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