Le prix de la farine de manioc connaît une hausse inquiétante à Lubero-centre, chef-lieu du territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Cette augmentation affecte davantage le pouvoir d’achat des ménages dans une région déjà confrontée à une crise socioéconomique et monétaire.
Selon les informations recueillies sur place, le prix d’un kilogramme de farine de manioc, qui variait auparavant entre 1 300 et 1 500 francs congolais (FC), est passé à 1 800, voire 2 000 FC, depuis environ une semaine.
La hausse est également observée sur les quantités vendues au détail. Une mesure qui se négociait précédemment à 3 000 FC coûte désormais jusqu’à 5 000 FC, réduisant davantage la capacité des familles à se procurer cet aliment de base.
Les commerçants et les tenanciers de dépôts attribuent cette flambée des prix aux difficultés d’approvisionnement liées à l’insécurité persistante dans plusieurs zones productrices.
Parmi les zones citées figurent notamment Kayna, Kibirizi, Luofu, Miriki, Vuleusa et Kanyabayonga, confrontées aux conséquences du conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo. D’autres localités, notamment Kagheri, Kasugho et Kivale, sont également régulièrement secouées par des violences impliquant des groupes armés locaux.
Cette situation a poussé de nombreux habitants à abandonner leurs villages et leurs champs, perturbant les activités agricoles et les circuits habituels d’approvisionnement des marchés. Elle contribue ainsi à la raréfaction de plusieurs produits de première nécessité et à la hausse de leurs prix.
À Lubero, où le foufou préparé à base de farine de manioc figure parmi les principaux aliments consommés, cette augmentation représente une charge supplémentaire pour les familles, particulièrement celles dont les revenus sont faibles ou irréguliers.
Certains parents témoignent de leurs difficultés à assurer les repas quotidiens de leurs enfants. Ils indiquent que l’assistance alimentaire distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM) en août dernier leur a permis de faire face à ces difficultés.
Face à la persistance de cette situation, ils lancent un appel à cette organisation humanitaire afin qu’elle envisage une nouvelle phase de distribution alimentaire au profit des ménages les plus vulnérables.
La flambée du prix de la farine de manioc à Lubero met en évidence les conséquences de l’insécurité sur la production agricole, l’approvisionnement des marchés et l’accès des populations à une alimentation suffisante.
En attendant une amélioration de la situation sécuritaire et une reprise normale des activités agricoles et commerciales, les habitants espèrent une réponse humanitaire adaptée à leurs besoins.
Pour de nombreuses familles, l’enjeu est désormais de pouvoir accéder régulièrement à cet aliment essentiel, alors que les moyens financiers se raréfient et que le coût de la vie continue de peser lourdement sur les ménages.
Rédaction

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