Dans une déclaration portée par son coordonnateur national, Dieudonné Kishi, la nouvelle structure citoyenne plaide pour que les personnes affectées par les guerres et les violences soient reconnues comme une composante autonome du dialogue national, distincte des délégations politiques et des autres acteurs.
« Aucune paix durable ne peut être négociée en tenant à l’écart celles et ceux qui ont payé, et qui continuent de payer, le prix le plus lourd des conflits », a déclaré Dieudonné Kishi, en présentant les objectifs de cette initiative.
KIVUVU RDC rassemble des associations, des organisations non gouvernementales (ONG), des mouvements citoyens, des partis politiques et d’autres structures engagées dans la défense des droits humains et la protection des victimes. Sa création repose sur la volonté de fédérer les revendications des populations touchées par les conflits armés et de les porter auprès des institutions nationales ainsi que des partenaires régionaux et internationaux.
La Synergie demande que les victimes bénéficient d’une invitation officielle au dialogue national, participent aux travaux préparatoires et disposent d’un droit effectif de parole et de proposition. Elle souhaite également leur représentation dans les commissions thématiques et leur participation à l’élaboration des conclusions, afin que leurs préoccupations influencent réellement les décisions.
Les revendications concernent notamment les survivants des massacres, les femmes victimes de violences sexuelles liées aux conflits, les enfants et les jeunes affectés par les violences, les personnes déplacées, les familles de disparus et les personnes vivant avec un handicap consécutif aux exactions. La structure insiste sur la nécessité d’une représentation pluraliste, transparente et respectueuse de la sécurité des victimes.
Pour KIVUVU RDC, les discussions politiques ne peuvent se limiter au partage des responsabilités ou aux arrangements institutionnels. Elles doivent aussi aborder la recherche des personnes disparues, l’identification des auteurs des crimes, la restitution des biens spoliés, la réhabilitation des communautés détruites, la prise en charge des survivants et l’indemnisation des préjudices subis.
La deuxième revendication majeure porte sur la création, à l’issue du dialogue national, d’une commission vérité, réconciliation et justice transitionnelle. Cette instance devrait, selon les initiateurs, disposer d’un mandat précis, de garanties d’indépendance, de ressources suffisantes et d’un calendrier de mise en œuvre.
Elle aurait notamment pour mission de recueillir et de préserver les témoignages, de contribuer à établir la vérité sur les violations graves des droits humains, de reconnaître les préjudices subis et de formuler des recommandations en matière de justice, de réparation et de réconciliation nationale.
La Synergie estime que cette démarche ne doit pas être assimilée à une volonté de vengeance. Elle défend plutôt une approche visant à établir les responsabilités dans le respect de la loi, à restaurer la dignité des victimes et à prévenir la répétition des violences.
À travers sa charte constitutive, KIVUVU RDC se définit comme un cadre de concertation, de mobilisation et d’action commune. Les organisations membres conservent leur autonomie juridique, administrative, financière et organisationnelle, tout en s’engageant à défendre des positions communes sur les droits des victimes, la lutte contre l’impunité et la recherche d’une paix durable.
La structure entend également promouvoir la documentation des préjudices, la reconnaissance des souffrances, la réparation des victimes et la cohésion sociale. Elle appelle les autorités nationales, les institutions publiques, les responsables politiques, les organisations citoyennes et les partenaires internationaux à soutenir une participation effective des personnes affectées par les conflits.
Son coordonnateur national affirme que la démarche se veut citoyenne et orientée vers des solutions. La Synergie invite par ailleurs les associations de victimes et les organisations de défense des droits humains à unir leurs efforts pour porter des revendications communes auprès des décideurs.
Cette initiative intervient alors que la RDC reste marquée par plusieurs décennies de violences armées et de déplacements de populations, particulièrement dans l’est du pays, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. D’autres provinces, dont celles du Grand Bandundu, du Kasaï, de l’Équateur et du Kongo Central, ont également connu différentes formes de violences et de conflits.
Depuis les guerres et les crises qui ont marqué le pays à partir de 1996-1997, les populations affectées continuent de réclamer la vérité sur les crimes commis, la justice pour les victimes, la réparation des préjudices et des garanties de sécurité. Pour KIVUVU RDC, le dialogue national annoncé constitue ainsi une occasion de corriger leur faible représentation dans les précédentes initiatives politiques et de faire de leurs droits une priorité des discussions sur l’avenir de la République démocratique du Congo.
La rédaction

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