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Masisi : la société civile alerte sur une nouvelle escalade des combats et ses lourdes conséquences

De nouveaux affrontements entre le M23/AFC et les Wazalendo provoquent des déplacements massifs de civils dans plusieurs villages du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, depuis ces derniers jours, selon la société civile locale, qui alerte sur le pillage des biens et l’interruption de la rentrée scolaire.

Dans une déclaration datée du mercredi 9 septembre 2026, la coordination territoriale de la Société civile forces vives de Masisi dit tirer la sonnette d’alarme face à la reprise des hostilités dans plusieurs agglomérations.

Selon cette structure citoyenne, les combats se déroulent notamment dans les groupements de Nyamaboko 1, dans le secteur d’Osso/Banyungu, de Nyamaboko 2, dans le secteur de Katoyi, ainsi que d’Ufamandu 1, dans la chefferie des Bahunde.

« Les dégâts collatéraux tels que le déplacement massif et forcé des populations, le pillage systématique des biens de la population civile, la non-effectivité de la rentrée scolaire 2026-2027 demeurent fâcheux », alerte la Société civile forces vives de Masisi.

Plusieurs villages sont particulièrement touchés, notamment Kazinga, Humura, Mukohwa, Kishee, Luho, Kikoma, Kibundi, Remeka, Kamuobe, Miano, Katuunda et Bulinda. Des habitants des villages voisins, parmi lesquels Ngovi, Kitobo et Mahva, auraient également pris la direction du territoire de Walikale, fuyant les affrontements.

La société civile décrit une situation humanitaire préoccupante. Une partie des habitants aurait trouvé refuge dans la brousse, sans nourriture ni moyens suffisants pour assurer sa protection. D’autres ont rejoint des villages voisins, où les familles d’accueil font face à une forte pression.

Selon la même source, plusieurs personnes déplacées passent leurs nuits dans des conditions précaires, parfois à la belle étoile, avec un accès limité à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux autres besoins essentiels.

Les enfants de moins de 10 ans, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes vivant avec handicap ainsi que les personnes âgées figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences de cette nouvelle dégradation sécuritaire.

Cette situation affecte également le fonctionnement des écoles. La rentrée scolaire 2026-2027, lancée depuis le mardi 1er septembre en République démocratique du Congo, reste difficilement effective dans plusieurs zones touchées par les affrontements et les déplacements de population.

Face à cette situation, la Société civile forces vives de Masisi demande à toutes les parties de respecter strictement les principes du droit international humanitaire, notamment la protection des populations civiles et des personnes particulièrement vulnérables.

Elle appelle également les autorités nationales et les acteurs internationaux engagés dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC à œuvrer rapidement pour mettre fin aux affrontements.

La structure citoyenne plaide enfin pour la mise en place urgente d’une assistance humanitaire destinée aux personnes déplacées et aux communautés qui les accueillent, estimant que leurs besoins dépassent désormais les capacités locales de prise en charge.

Situé dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, le territoire de Masisi partage notamment une proximité géographique avec les territoires de Walikale, Rutshuru et Nyiragongo, dans la province du Nord-Kivu.

Ces derniers mois, plusieurs secteurs de Masisi ont déjà été affectés par des affrontements et des mouvements de populations, notamment autour de Nyamaboko et de Kazinga.

Elisé Kant

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