À LA UNE

Sud-Kivu : une jeune femme de 20 ans tuée par balle lors d’une incursion nocturne à Mudusa

 

Une jeune femme de 20 ans a été tuée par balle dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 septembre 2026, vers 1 h 30 du matin, dans le village de Mudusa-Centre, sous-village de Nyangulube, groupement de Mudusa, territoire de Kabare, au Sud-Kivu. La victime, identifiée comme Tumusifu Biringanine Zahirwa, se trouvait dans sa chambre lorsqu’elle a été atteinte par une balle tirée au cours d’une incursion armée dans une habitation voisine.

« Des hommes armés et des voleurs ont fait irruption dans une maison voisine pour y commettre leur forfait. Au cours de cette opération, ils ont tiré plusieurs coups de feu », rapporte François Mubalamba, président du Bureau de coordination de la Société civile Forces Vives du groupement de Mudusa.

Selon cette structure citoyenne, la jeune femme ne se trouvait pas dans la maison prise pour cible. Elle aurait ainsi été touchée alors que les assaillants opéraient dans une habitation voisine. Grièvement atteinte, elle n’a pas survécu à ses blessures.

Le drame met en lumière une dimension particulièrement préoccupante de l’insécurité nocturne : la vulnérabilité de populations qui, sans être directement impliquées dans les faits criminels, peuvent en devenir les victimes collatérales. Dans un environnement où les tirs d’armes à feu accompagnent certaines incursions, la frontière entre une cible présumée et les habitants environnants devient particulièrement fragile.

« Malheureusement, une jeune fille âgée de 20 ans, répondant au nom de Tumusifu Biringanine Zahirwa, qui se trouvait dans sa chambre, a été atteinte par balle et a perdu la vie, alors même que les assaillants opéraient dans la maison voisine », précise François Mubalamba.

La Société civile Forces Vives de Mudusa estime que cet événement vient une nouvelle fois illustrer les préoccupations sécuritaires auxquelles demeure confrontée la population du groupement. Au-delà des pertes matérielles susceptibles d’accompagner les incursions, la multiplication ou la persistance de tels incidents fait peser sur les habitants une menace dont les conséquences peuvent être irréversibles.

Le caractère nocturne de l’incident accentue par ailleurs le sentiment d’insécurité. À cette heure de la nuit, les habitants sont généralement à leur domicile, dans un contexte où la capacité à anticiper une attaque ou à se mettre rapidement à l’abri demeure limitée. Le domicile, qui devrait constituer un espace de protection, peut alors devenir un lieu d’exposition aux conséquences d’une opération menée à proximité.

Pour la Société civile, cette situation appelle une réponse qui ne se limite pas à la réaction après la survenue des incidents. La protection des populations civiles suppose également des mécanismes de prévention, une présence sécuritaire adaptée et une capacité d’intervention susceptible de dissuader les auteurs d’actes criminels et de limiter les risques auxquels sont exposées les communautés.

« Cet incident témoigne une fois de plus de la situation sécuritaire préoccupante dans le groupement de Mudusa et expose davantage la population civile, notamment les personnes qui se trouvent à leur domicile pendant la nuit », alerte le président de la Société civile Forces Vives de Mudusa.

La structure citoyenne condamne fermement cet acte de violence et appelle les autorités compétentes à renforcer les mesures de sécurité dans la zone. Elle demande également que les dispositions nécessaires soient prises afin d’assurer une meilleure protection des personnes et de leurs biens.

« Nous condamnons fermement cet acte de violence et appelons les autorités compétentes à renforcer les mesures de sécurité et à prendre les dispositions nécessaires afin de protéger la population et ses biens », souligne François Mubalamba.

La mort de Tumusifu Biringanine Zahirwa rappelle ainsi, dans des circonstances tragiques, que l’insécurité ne se mesure pas uniquement à l’ampleur des biens emportés ou aux dégâts matériels enregistrés lors d’une incursion. Elle se mesure aussi à la capacité d’une communauté à préserver la vie de ses membres, y compris lorsque ceux-ci ne constituent pas la cible initiale d’une attaque.

Dans le groupement de Mudusa, cette nouvelle alerte ravive donc les préoccupations relatives à la sécurité des populations civiles, particulièrement durant les heures nocturnes. La Société civile Forces Vives en appelle aux autorités pour que la protection des habitants demeure au cœur des réponses apportées aux incidents sécuritaires et que les populations puissent retrouver, dans leurs propres domiciles, les conditions minimales de sécurité auxquelles elles sont en droit d’aspirer.

Yseult LWANGO

0 Comments

Leave a comment