Sud-Kivu : trois semaines sans réseaux mobiles à Kabare et environs

Depuis plus de trois semaines, plusieurs localités du territoire de Kabare, dont Miti, Bugorhe, Mudaka et Katana, ainsi qu’une partie du territoire de Kalehe, sont privées de réseaux de téléphonie mobile, affectant Airtel, Orange et Vodacom. Cette panne prolongée plonge les habitants dans un isolement quasi total.

Dans ces zones où les banques et coopératives d’épargne sont quasi inexistantes, les services de téléphonie mobile constituaient le principal moyen de transférer de l’argent, de recevoir de l’aide ou de sécuriser de petites économies. Leur interruption a laissé les populations sans alternative.

« Avant, je recevais de l’argent de mes proches par téléphone. Aujourd’hui, même pour acheter de la nourriture, c’est devenu difficile », témoigne une veuve de Miti.

La coupure affecte également l’économie locale. De nombreux petits commerçants peinent à recevoir des paiements ou à approvisionner leurs stocks. Les marchés tournent au ralenti et la rareté de l’argent liquide accentue la précarité des ménages.

« Mon commerce ne fonctionne presque plus. Sans mobile money, je ne peux ni vendre correctement ni renouveler mon stock », déplore Joyce Manegabe, commerçante à Katana.

Sur le plan social, la panne complique les communications avec le reste du pays et l’étranger. Les habitants ne peuvent joindre familles et proches, et les structures sanitaires peinent à coordonner les références médicales. « Même pour les urgences, c’est compliqué. On ne sait plus à qui s’adresser », confie un agent communautaire.

Les jeunes et étudiants sont particulièrement touchés par l’absence d’accès à Internet, freinant formations en ligne, recherches et opportunités professionnelles.

« Je devais envoyer mes travaux et postuler à des opportunités en ligne. Tout est bloqué, mon avenir aussi », explique Baraka Kulumushi, étudiant à Katana.

Face à cette situation, les habitants appellent à une intervention rapide pour rétablir les réseaux, qu’ils considèrent désormais comme un service essentiel.

Yseult Lwango