RDC: « Trois drones kamikazes ont été abattus » près de l’aéroport de Kisangani, selon le gouverneur de la Tshopo

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé jeudi avoir neutralisé trois drone explosif lancé par de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), qui tentaienu de bombarder l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Selon les autorités provinciales, l’engin fait partie d’une série de drones utilisés ces dernières semaines contre des installations stratégiques dans l’est et le centre-nord du pays. Aucun dégât ni victime n’ont été signalés à l’aéroport, ont précisé les FARDC.

« Ils nous ont encore envoyé aujourd’hui trois drones kamikazes pour bombarder l’aéroport de Bangboka à Kisangani. Grâce à la vigilance de nos vaillants militaires, tous ces drones ont été abattus. Aucun dégât n’a été enregistré, même pas une mouche n’a été touchée », a déclaré le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, à la radio Top Congo.

Il a ajouté qu’il s’agissait du huitième drone neutralisé depuis le début de ces attaques. « Nous restons aux aguets. Le système de surveillance est opérationnel et nous continuons à surveiller la situation. Nous connaissons déjà les tactiques de l’ennemi », a-t-il affirmé.

Le commandant de l’aéroport de Bangboka a de son côté indiqué à la radio Okapi que les activités aéroportuaires se poursuivaient normalement et que l’infrastructure restait ouverte au trafic aérien.

L’aéroport de Kisangani est considéré comme un hub aérien important pour les FARDC et d’autres acteurs de sécurité, y compris des contractants militaires étrangers, selon des rapports des Nations unies. Des experts estiment que le M23 pourrait chercher à étendre l’usage de drones vers d’autres villes stratégiques comme Kindu ou Bujumbura.

Il n’était pas possible de déterminer de manière indépendante si le Rwanda avait apporté une aide directe à cette attaque. Kigali nie toute implication dans le soutien au M23, bien que des rapports de l’ONU évoquent la possibilité d’un appui logistique, notamment en équipements, ce que le Rwanda rejette.

Réagissant à ces attaques, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, a dénoncé une escalade de la violence. « La ville de Kisangani n’est ni une zone d’expérimentation ni une base de projection de la violence », a-t-il déclaré.

L’aéroport de Bangboka avait déjà été visé lundi par une attaque de drones revendiquée par l’AFC/M23. Le mouvement rebelle avait alors affirmé avoir ciblé un centre de commandement de drones qu’il accuse d’être utilisé contre des populations civiles dans les zones sous son contrôle, et prétendu avoir détruit une installation des FARDC – une version contestée par les autorités congolaises.

Mercredi, le gouverneur de la Tshopo s’est rendu sur le site de l’aéroport accompagné de membres de son gouvernement provincial ainsi que de responsables militaires et policiers, afin d’évaluer la situation sécuritaire, selon un communiqué officiel.

La rédaction