Un an après la prise de Goma: “Tenez bon. La paix reviendra”Jean-Paul Waitswalo

Un an après la prise de contrôle de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, par l’AFC/M23, les séquelles de l’occupation restent profondément ancrées dans la mémoire collective et le quotidien des habitants, à Goma comme dans l’ensemble de la République démocratique du Congo.

Dans un message publié à l’occasion de cet anniversaire, Jean-Paul Waitswalo, notable et philanthrope du Nord-Kivu, a dressé un constat sombre de la situation humanitaire et sociale dans la ville.

« Cela fait déjà une année.

Une année que la ville de Goma est sous le contrôle de l’AFC/M23.
Une année de dialogues sans issue.
Une année où la population vit sans aéroport ni banques.
Une année où les fonctionnaires ne perçoivent presque plus leurs salaires, transformant le travail en chômage silencieux.
Une année de souffrance, d’attente et de dignité mise à l’épreuve.
Une année où des déplacés internes dorment à la belle étoile, privés de toit mais non de courage », a-t-il déclaré.

Il a ajouté :« À vous, mères et pères courageux, à vous, jeunes privés d’avenir mais non d’espérance, à vous, enfants qui continuent de tenir malgré tout : je suis de cœur avec vous tous. Tenez bon. La paix reviendra. »

Une ville plongée dans la terreur

Les événements du 27 janvier 2025 restent gravés dans les esprits. Ce jour-là, après la coupure de l’eau et de l’électricité, la ville de Goma avait été plongée dans l’obscurité avant de subir de violents bombardements.

Des tirs d’armes lourdes déchiraient le ciel, semant la panique parmi la population. « On ne savait pas où se réfugier ».

Les morgues, rapidement saturées, ne pouvaient plus accueillir les corps, contraignant à procéder à des enterrements dans des fosses communes.

La prison de Munzenze avait été vidée de ses détenus, tandis que le pavillon réservé aux femmes et aux enfants avait été incendié.

Au camp militaire de Katindo, des femmes et des enfants de militaires avaient été tués lors d’attaques à la grenade, d’après des témoignages.

Les hôpitaux, débordés, continuaient de fonctionner dans des conditions extrêmes, certaines femmes enceintes accouchant sous les bombardements.

Par ailleurs, plusieurs camps de déplacés internes avaient été bombardés, forçant leurs occupants à fuir une nouvelle fois.

Des magasins ont été pillés ou sabotés, dont un important dépôt du PAM.

Des écoles ont également été endommagées, interrompant durablement la scolarité de milliers d’enfants.

Un an après, Goma,  souffre d’une crise humanitaire et économique qui se prolonge, dans l’attente d’une issue politique et sécuritaire durable.

Le Rédaction