Nord-Kivu : la Société civile condamne « les atrocités » du Rappelle à une réaction internationale urgente


La Coordination provinciale de la Société civile du Nord-Kivu a dénoncé vendredi ce qu’elle qualifie de « crimes de guerre » et d’« atrocités innommables » commis par le M23-AFC contre des civils dans plusieurs territoires de la province, notamment Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et la ville de Goma.

Dans une déclaration publiée à Walikale, la société civile affirme que ces attaques, menées depuis le 5 novembre, ont provoqué « une véritable catastrophe humanitaire ».

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes assimilables à un nettoyage ethnique », a déclaré Fiston Misona Tabashile, président territorial de la Société civile de Walikale et point focal provincial du Nord-Kivu.


« Les populations civiles du Nord-Kivu sont abandonnées à leur sort, sous les yeux d’une communauté internationale passive », a-t-il ajouté.

Selon la déclaration, une série d’attaques d’une « cruauté inouïe » a été perpétrée dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, notamment dans les villages de Chamboga, Buresho, Kagara, Biphura et Ruzo.

Des maisons ont été incendiées, des villages pillés et des milliers de personnes contraintes de fuir vers les collines de Bukombo, où elles se trouvent sans abri ni nourriture.

Dans le territoire de Masisi, plus de 200 jeunes auraient été pris en otage par les combattants du M23 et enfermés dans une paroisse catholique, où ils risqueraient d’être recrutés de force.


La société civile fait également état de « tortures barbares » à Sake, dont celle d’un jeune homme mort après avoir subi des sévices, ainsi que d’un autre torturé « par insertion de bâtons dans ses organes génitaux ».

À Goma, un jeune du nom de David Benji aurait été arrêté et torturé à mort avant d’être relâché agonisant, tandis qu’à Nyiragongo, les arrestations arbitraires et les pillages « atteignent un niveau jamais vu », selon le document.

« Ces crimes s’inscrivent dans un plan orchestré par le régime de Kigali pour annexer progressivement les territoires congolais », soutient la déclaration, accusant directement le Rwanda de soutenir le M23.

La Société civile du Nord-Kivu appelle la Cour pénale internationale (CPI) et la MONUSCO à ouvrir « des enquêtes indépendantes » pour identifier et poursuivre les auteurs de ces crimes, y compris « les officiers supérieurs du M23 ».

Elle exhorte également le Conseil de sécurité des Nations unies à appliquer ses résolutions, dont la 2773, et invite le gouvernement congolais à « assumer pleinement sa responsabilité régalienne de protection des civils ».

« L’impunité nourrit la récidive. Tant que les criminels du M23 ne seront pas traduits devant la justice internationale, la paix dans l’Est de la RDC demeurera une illusion », a affirmé M. Misona Tabashile.

La Coordination provinciale rend hommage aux victimes et réaffirme que la population du Nord-Kivu « ne cédera ni à la peur ni à la résignation ».

« Nous continuerons à dénoncer avec courage ces crimes jusqu’à ce que justice soit rendue et que le territoire congolais soit totalement libéré de toute occupation étrangère », conclut la déclaration.

La rédaction