Le Gouvernement Provincial du Sud-Kivu a mis en place de nouvelles mesures de sécurité strictes concernant les déplacements du personnel en provenance des zones occupées par les rebelles, en particulier ceux du M23.
Dans une circulaire signée le 8 août 2025 par le directeur cabinet du Gouverneur Maître Dunia Runiga Daniel, toutes les mobilités en provenance des territoires sous contrôle rebelle vers Uvira sont désormais formellement interdites.
Dans la circulaire, le Gouvernement provincial indique que tout déplacement de personnel quittant les zones occupées par les rebelles de l’AFC/M23 vers la ville d’Uvira est “strictement interdit” jusqu’à nouvel ordre.
Les autorités précisent également que les agents suspectés d’avoir collaboré avec ces groupes ou d’avoir été nommés par eux ne seront pas autorisés à rejoindre les services provinciaux à Uvira.
Le texte précise que les ministres provinciaux, les chefs de division, ainsi que les responsables des services migratoires et de sécurité sont interdits de faciliter ou d’autoriser ce type de mouvement, sous peine de sanctions sévères.
Le non-respect de cette décision pourrait être considéré comme une “faute grave et complicité avec l’ennemi”, souligne Runiga dans sa note, adressée à toutes les autorités et services concernés.
Le but de ces mesures, selon la circulaire, est de protéger la stabilité de la province face aux tactiques d’infiltration des rebelles, qui utilisent les déplacements pour se mêler au personnel administratif de la province.
Ces mouvements, selon le Gouvernement provincial, pourraient permettre aux rebelles d’introduire des agents subversifs au sein de l’administration publique.
“Les autorités de la province doivent faire preuve de rigueur pour empêcher toute tentative de déstabilisation par le biais de ces déplacements”,a insisté le Dunia Runiga.
Les responsables de la Direction Générale des Migrations (DGM) et de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) sont également appelés à une vigilance accrue pour garantir le contrôle des mouvements du personnel et éviter toute infiltration.
Le renforcement de la sécurité fait partie d’un dispositif plus large adopté par le Conseil des Ministres et le Comité Provincial de Sécurité pour contrer les menaces persistantes des groupes armés, notamment le M23.
Ces groupes continuent de mener des attaques contre les forces gouvernementales et les civils dans la région, accentuant l’instabilité dans cette partie du pays.
Cette nouvelle mesure fait suite à une décision annoncée le 4 juin 2025 par l’ancien Gouverneur de la province, Jean-Jacques Purusi. Lors d’une réunion interinstitutionnelle, il avait informé la presse que le gouvernement provincial procéderait au retrait des matricules des agents de l’État ayant rejoint le mouvement armé AFC/M23.
Ces matricules seraient ensuite redistribués à des fonctionnaires jugés loyaux et engagés envers la cause publique.
Les autorités provinciales insistent sur le fait que la situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante avec la persistance des affrontements entre l’armée congolaise et les groupes armés, dont le M23. En réponse à cette menace, ces mesures visent à empêcher toute déstabilisation interne et à garantir que les fonctionnaires de l’État ne deviennent pas des instruments dans la guerre menée par ces groupes contre la République Démocratique du Congo.
“Nous devons préserver l’intégrité de nos institutions et garantir que l’administration publique soit à l’abri de toute manipulation ou infiltration ennemie,” a conclu Maître Dunia Runiga Daniel.
La rédaction

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