Walikale : un chef coutumier abattu à Bushani, la peur s’installe dans le groupement Luberike

Le territoire de Walikale a de nouveau été endeuillé par un acte de tuerie ciblée. Le chef du village Bushani, situé à proximité de Kashebere dans le groupement Luberike (secteur des Wanianga), a été tué dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 janvier 2026, alors qu’il se trouvait à son domicile.

D’après des informations recoupées auprès des autorités administratives locales, cet assassinat est imputé aux éléments armés du M23, actifs dans cette zone du Nord-Kivu. Les assaillants auraient fait irruption chez la victime aux environs de 23 heures, avant de lui tirer dessus à bout portant puis de disparaître dans la nature.

Les circonstances exactes du meurtre restent à ce stade non élucidées. Aucune communication officielle n’a encore précisé les motivations de cet acte, mais des sources locales parlent d’une opération ciblée, menée avec préméditation. Le chef coutumier est mort sur le coup, sous les yeux de membres de sa famille, provoquant une onde de choc au sein de la communauté.

Cet assassinat vient raviver le sentiment d’insécurité déjà très présent dans le groupement Luberike. Les autorités traditionnelles, en particulier, se disent de plus en plus exposées face à la recrudescence des violences armées. Pour plusieurs notables locaux, ces meurtres s’apparentent à une stratégie d’intimidation visant à affaiblir le pouvoir coutumier.

La situation est d’autant plus préoccupante qu’un autre chef de village, celui de Burutsi, avait été tué une semaine plus tôt dans des circonstances presque identiques. Une répétition qui alimente la crainte d’une série noire contre les leaders communautaires.

Face à cette escalade, la société civile appelle les autorités sécuritaires à prendre des mesures urgentes pour protéger les chefs coutumiers et les populations civiles. Elle réclame également l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces crimes et de mettre fin à l’impunité.

En attendant, à Bushani comme dans plusieurs villages environnants, la peur domine. Les habitants redoutent des nouvelles attaques dans une région où l’autorité de l’État peine encore à s’imposer durablement.

La rédaction