Kalehe : le village Kanyamitero renaît après 23 ans d’abandon, mais les besoins restent urgents

Abandonnée pendant près de vingt-trois ans à la suite de l’insécurité, l’agglomération de Kanyamitero, située dans le village de Kishinji dans le groupement Buzi, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu, amorce progressivement son repeuplement. Si le retour des habitants symbolise un nouvel espoir, les conditions de vie restent précaires, notamment en matière d’accès à l’eau potable et aux soins de santé.
À ce jour, une vingtaine de ménages se sont déjà réinstallés à Kanyamitero. Ces familles, revenues sur leurs terres après de longues années de déplacement forcé, font toutefois face à de nombreuses difficultés liées au manque d’infrastructures de base.

Selon Hamuli Munganga Célestin, l’un des premiers habitants à avoir regagné la zone, le retour à Kanyamitero a débuté au mois d’avril 2025.

« Nous avions quitté Kanyamitero il y a vingt-trois ans à cause de l’insécurité. Le 1ᵉʳ avril 2025, nous sommes revenus. Au départ, nous n’étions que deux personnes, mais aujourd’hui, nous sommes déjà une vingtaine et le nombre continue d’augmenter », témoigne-t-il.

Dans une dynamique de reconstruction communautaire, les habitants ont entrepris plusieurs initiatives locales, notamment le traçage des routes et la construction d’une grande paillote destinée à accueillir les notables de groupement. Ils projettent également de relier, par une route, l’ancienne usine au bureau administratif (baraza) du Chef de groupement, avant de poursuivre jusqu’à Bushanja.

Hamuli Munganga lance par ailleurs un appel aux anciens résidents encore hésitants à regagner la zone.

« Nous invitons tous ceux qui souhaitent revenir ou qui ont besoin d’accompagnement dans l’aménagement du village à se joindre à nous. Ensemble, avec nos forces et notre énergie, nous pouvons reconstruire Kanyamitero », insiste-t-il.

Cependant, le principal défi demeure l’accès à l’eau potable. Une situation qui expose la population à de graves risques sanitaires.

« Le manque d’eau est notre plus grand problème. L’eau, c’est la santé et la vie. Le paludisme est très répandu ici, et nous manquons cruellement de médicaments », alerte-t-il.

Face à cette situation, les habitants de Kanyamitero lancent un appel pressant aux autorités compétentes, aux organisations non gouvernementales ainsi qu’aux partenaires humanitaires, afin d’améliorer l’accès à l’eau potable et de renforcer la prise en charge sanitaire dans cette agglomération en pleine renaissance.

Jackson Maliyabwana