Uvira : le M23 et les FARDC s’affrontent à nouveau dans les villages environnants

De nouveaux affrontements ont opposé jeudi 8 janvier les combattants du mouvement AFC/M23 aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans plusieurs localités du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

Selon des sources locales, les combats ont été signalés notamment à Kigongo, Katongo et autour de Makobola, où des tirs d’armes lourdes et légères ont retenti tout au long de la journée. Ces localités se situent à seulement quelques kilomètres de la ville d’Uvira, chef-lieu du territoire, suscitant une vive inquiétude parmi les habitants.

Si la situation est restée relativement calme au centre-ville d’Uvira, des témoins ont indiqué entendre régulièrement des détonations provenant des zones périphériques, illustrant la fragilité du calme observé dans l’agglomération.

La veille, une situation sécuritaire similaire a été rapportée dans le territoire voisin de Walungu, où de violents affrontements ont éclaté dans plusieurs villages. Des sources concordantes font état de pertes en vies humaines, y compris parmi les civils pris au piège des combats.

Dans les villages de Bumbalali, Mwendo et Ibona, situés dans les groupements d’Ikoma et de Walungu, un calme précaire était observé jeudi après près de trois jours d’affrontements intenses. Ces combats ont opposé des combattants locaux dits Wazalendo aux éléments de l’AFC/M23, plongeant la région dans une crise humanitaire aiguë.

Des défenseurs des droits humains présents dans la zone ont rapporté qu’au moins quatre personnes ont été tuées, certaines touchées par des obus alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur de leurs habitations. Les violences ont également entraîné des pillages systématiques et la destruction de nombreuses maisons.

Plusieurs villages ont été presque entièrement vidés de leurs habitants, notamment Bumbalali, Mwendo, Kashugula, Ihumule, Kalambo, Mugangane, Nyamubanda, Cibambaza et Mabuye. Les populations ont fui dans la précipitation, abandonnant leurs biens et leurs moyens de subsistance par crainte de nouvelles attaques.

Les déplacés se sont réfugiés dans des zones jugées plus sûres, notamment à Walungu-centre et dans des villages environnants tels que Chama, Kahembarhi, Cagombe, Makwale, Mudussa, Nshesha, Cahi et Malangiro. Un nombre important de familles a également gagné la ville de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu.

Dans les zones d’accueil, les conditions humanitaires sont jugées extrêmement préoccupantes. Les déplacés, souvent hébergés par des familles déjà vulnérables ou installés dans des abris de fortune, font face à un manque criant de nourriture, d’eau potable et de services de base.

Des sources sanitaires locales indiquent que plusieurs déplacés présentent déjà des signes de maladies, notamment des affections diarrhéiques liées aux mauvaises conditions d’hygiène et à la consommation d’eau non potable. Les structures de santé, peu nombreuses et insuffisamment équipées, peinent à absorber l’afflux de patients.

Face à cette situation, des notables et ressortissants du territoire de Walungu ont lancé un appel pressant à l’aide humanitaire et à la cessation immédiate des hostilités. Ils demandent une assistance urgente pour les personnes déplacées et exhortent les parties en conflit à respecter les accords de paix afin de permettre un retour sécurisé des populations.

Tout en saluant les premières interventions de certaines organisations humanitaires, dont l’ONG ACTED, qui a entamé des distributions d’aide dans certaines zones affectées, les leaders communautaires estiment que les besoins restent largement supérieurs aux réponses actuelles.

Byamungu Kabika Pierre, vice-président du comité local de développement du territoire de Walungu et président de la même structure dans le sous-groupement d’Ibona, a appelé les partenaires humanitaires à renforcer leurs actions et exhorté les autres organisations à se mobiliser face à l’ampleur de la crise.

La rédaction