Sud-Kivu : réouverture du tronçon Miti-Bunyakiri après deux mois de blocage, soulagement

Après près de deux mois de fermeture, la Route nationale numéro 3 (RN3), sur le tronçon Miti–Bunyakiri, a été officiellement rouverte ce jeudi 2 janvier 2026, suscitant un immense soulagement au sein des populations locales et des acteurs socio-économiques de la province du Sud-Kivu.

Ce tronçon avait été bloqué par le M23, dans le cadre d’opérations visant à contrer les éléments Wazalendo, paralysant ainsi la circulation des personnes et des biens entre les territoires de Kabare, Kalehe et d’autres zones de l’intérieur de la province. Cette situation avait plongé plusieurs localités dans une crise humanitaire et économique sans précédent.

Durant cette période de blocage, les conséquences ont été lourdes. Les commerçants et transporteurs sont restés immobilisés, les produits de première nécessité se sont raréfiés sur les marchés, entraînant une hausse vertigineuse des prix. Des familles ont été confrontées à des pénuries alimentaires, tandis que les structures sanitaires ont souffert du manque de médicaments et d’intrants médicaux, aggravant la situation sanitaire déjà fragile.

Sur le plan humanitaire, plusieurs villages situés le long de la RN3 ont été quasi isolés, rendant difficile l’acheminement de l’aide humanitaire. Des cas de malnutrition, notamment chez les enfants et les personnes vulnérables, ont été signalés par des acteurs locaux, alors que les populations vivaient dans la crainte permanente de l’insécurité.

La réouverture de la RN3, ce 2 janvier, marque donc un tournant important pour les habitants de Miti, Bunyakiri et des zones environnantes. Dès l’annonce de la reprise de la circulation, des véhicules de transport, des camions de marchandises et des motos ont progressivement recommencé à emprunter cet axe, symbolisant un retour progressif à la normale.

Pour les commerçants, cette réouverture représente une bouffée d’oxygène, après de longues semaines de pertes financières. Les populations locales espèrent une baisse des prix des denrées alimentaires, un meilleur approvisionnement des marchés et la reprise des échanges commerciaux, essentiels à la survie économique de la région.

Toutefois, malgré ce soulagement, les habitants restent prudents. Ils appellent les autorités compétentes à sécuriser durablement la RN3, afin d’éviter toute nouvelle interruption du trafic. La population exhorte également le gouvernement et les partenaires humanitaires à renforcer l’assistance aux communautés affectées, afin de réparer les dégâts causés par cette longue période de blocage.

Pour de nombreux habitants, la réouverture de la RN3 n’est pas seulement un retour à la circulation, mais un espoir de reprise de la vie, de dignité et de stabilité. « La route, c’est la vie », confient certains riverains, espérant que cet axe vital ne soit plus jamais synonyme d’isolement et de souffrance.
Yseult Lwango