RDC : le gouvernement dénonce l’extension de l’occupation rwandaise et les pertes civiles dans l’Est

Le gouvernement congolais a accusé mercredi les forces rwandaises d’avoir tué plus de 1.500 civils depuis le début de décembre, dans le cadre d’opérations militaires menées dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Cette déclaration a été accompagnée d’un bilan humanitaire alarmant : plus de 500.000 personnes déplacées le long de l’axe Kamanyola-Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

Les chiffres, selon un communiqué officiel, sont fondés sur des informations recueillies auprès de la société civile, de sources humanitaires et confirmées par les autorités congolaises.

Le gouvernement a également exprimé ses inquiétudes concernant les récentes manœuvres militaires rwandaises, en particulier l’arrivée de trois nouveaux bataillons qui, selon Kinshasa, se cachent derrière des groupes armés locaux comme le Twirwaneho, dans le but de dissimuler leur présence.

“Violation manifeste de la souveraineté”

Le gouvernement congolais a qualifié ces actions d’une violation directe de la souveraineté nationale, mettant en lumière la continuation de l’occupation rwandaise dans l’Est du pays.

“Cette extension délibérée des zones occupées, notamment autour d’Uvira, constitue une agression manifeste contre notre territoire et aggrave une crise humanitaire déjà sévère”, a déclaré le ministre de la Communication dans le communiqué.

Les autorités congolaises ont indiqué que les forces rwandaises, en plus d’utiliser des drones kamikazes et des bombardements aériens, se dirigent vers de nouvelles zones stratégiques, notamment la province du Tanganyika.

“Les mouvements observés suggèrent une opération militaire planifiée visant à avancer vers le sud, après avoir pris les hauts plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga”, a-t-on ajouté.

Appel à un retrait immédiat des troupes rwandaises

Le gouvernement de Kinshasa a réitéré son exigence de retrait “immédiat, effectif et vérifiable” des forces rwandaises, conformément à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Il a également appelé à une cessation immédiate des opérations militaires menées contre les populations civiles. “Nous attendons de nos partenaires internationaux qu’ils utilisent tous les leviers à leur disposition pour forcer le Rwanda à respecter ses engagements”, a précisé le communiqué.

Le gouvernement a également dénoncé l’attitude des autorités rwandaises qui, selon lui, ont fait preuve de “double discours” en évoquant un prétendu retrait des troupes, alors que les faits sur le terrain démentent ces déclarations.

Violations des droits humains et silence international

Le communiqué congolais a aussi mis en lumière des violations graves des droits humains, dont des disparitions de journalistes et des enlèvements d’acteurs de la société civile.

“Les populations civiles sont soumises à des marches forcées organisées par les forces d’occupation, ce qui constitue une violation grave du droit international humanitaire”, a ajouté le gouvernement.

Le gouvernement congolais a enfin souligné que les crimes commis par les forces rwandaises n’étaient pas des actions isolées, mais faisaient partie d’une politique d’État.

“L’occupation de notre territoire et les crimes documentés doivent entraîner la responsabilité internationale de leurs auteurs”, ont insisté les autorités congolaises.

Une position ferme contre la discrimination

Réaffirmant son engagement contre la discrimination, le gouvernement a fait référence aux récentes déclarations du général Sylvain Ekenge, dont les propos ont conduit à sa suspension et à l’ouverture d’une procédure disciplinaire.

“Un manquement individuel, lorsqu’il survient, relève de la responsabilité personnelle de son auteur”, a rappelé le gouvernement, tout en réaffirmant sa détermination à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

En conclusion, le gouvernement congolais a réitéré son engagement à poursuivre toutes les démarches diplomatiques et judiciaires nécessaires pour tenir responsables les auteurs et commanditaires des crimes commis dans l’Est de la RDC.

La rédaction