Les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont averti samedi 20 décembre que la population d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu dans l’est de la RDC, reste sous la menace directe de groupes armés, malgré les annonces médiatiques de retrait de l’AFC/M23.
Dans un communiqué, l’armée congolaise a souligné que ces informations sont “une diversion”, visant à tromper tant l’opinion nationale qu’internationale.
Les FARDC ont réagi après que la coalition de groupes armés AFC/M23 et RDF (Forces de Défense Rwandaises selon les FARDC) ait prétendu se retirer de la ville d’Uvira et de ses environs, après des semaines de combats et de tensions .
Selon les FARDC, ce retrait annoncé n’est qu’un coup médiatique, destiné à détourner la pression internationale, notamment des négociateurs américains et qataris, en pleine intensification des pourparlers de paix.
“Un retrait illusoire”
“On ne peut pas se retirer d’Uvira et continuer les combats à plus de trente kilomètres de la ville“, ont insisté les FARDC dans leur communiqué.
Elles ont fait état de combats récents dans les zones périphériques, notamment à Kasekezi, au sud de Makobola, à environ 35 kilomètres de la ville, sur la route menant à Baraka.
Ces affrontements continuent de mettre la population locale en danger, avec des exactions contre les civils, a précisé l’armée congolaise.
Le porte-parole de l’AFC/M23, Willy Ngoma, a récemment affirmé dans une vidéo largement partagée que “jamais, jamais l’AFC/M23 ne laissera la ville d’Uvira”, contredisant ainsi les annonces de retrait.
Selon les FARDC, cette déclaration montre clairement l’intention des groupes armés de maintenir leur emprise sur la ville, malgré les engagements prétendument pris dans le cadre des accords de paix de Washington.
Les FARDC ont également rapporté des cas d’intimidation, d’extorsion, et de violences commises contre les civils d’Uvira.
Des témoins ont évoqué des arrestations arbitraires et des tortures menées par les combattants du M23/AFC, tandis que des patrouilles militaires nocturnes et des mouvements suspects continuent de se multiplier dans plusieurs quartiers de la ville.
“La présence visible et continue des combattants et unités armées du M23/AFC/RDF dans Uvira et ses environs témoigne de l’inefficacité du prétendu retrait”, ont ajouté les FARDC. De plus, plusieurs points de contrôle et barrières érigées par ces groupes armés restent en place, entravant ainsi la libre circulation des personnes et des biens dans la région.
Pour les FARDC, le prétendu retrait des forces rwandaises et de leurs supplétifs est une “manœuvre médiatique” destinée à “instrumentaliser la confiance des négociateurs internationaux”.
L’armée congolaise a aussi accusé le Rwanda de mauvaise foi, arguant que le pays ne respecte pas ses engagements conformément à l’accord de paix de Washington, et qu’il poursuit ses activités de déstabilisation dans l’est de la RDC.
“Le Rwanda utilise des subterfuges, des stratagèmes et des tromperies pour détourner l’attention de la communauté internationale”, a déclaré le communiqué des FARDC.
Les autorités congolaises ont insisté sur le fait que le retrait de l’AFC/M23 n’était qu’un faux-semblant et que les hostilités se poursuivent.
Les FARDC ont appelé la communauté internationale à ne pas se laisser abuser par ces “déclarations mensongères”, exhortant les négociateurs américains et qataris à maintenir la pression sur les parties impliquées dans le conflit. Elles ont également lancé un appel aux habitants d’Uvira et des environs à rester vigilants et à signaler tout mouvement suspect aux autorités compétentes.
“Tout est mis en œuvre pour restaurer l’autorité de l’État et protéger les populations civiles”, ont conclu les FARDC dans leur déclaration, tout en rappelant que la situation reste extrêmement volatile et que la menace d’un nouveau regain de violence reste bien présente.
La rédaction










