La prostitution demeure une réalité sociale préoccupante dans plusieurs milieux du Sud-Kivu, y compris dans la cité de Miti, en territoire de Kabare. Longtemps considérée comme un phénomène marginal, elle prend aujourd’hui une ampleur qui interpelle la communauté, les familles, la société civile et les autorités locales, d’autant plus qu’elle touche de plus en plus les jeunes.
Une pratique liée à la précarité sociale
À Miti, la prostitution est étroitement liée à des facteurs socio-économiques tels que la pauvreté, le chômage, la déscolarisation et le manque d’opportunités. Pour certaines personnes, elle apparaît comme un moyen de survie face à des conditions de vie difficiles, malgré les risques sanitaires, psychologiques et sociaux qu’elle comporte.
Selon des sources locales, cette pratique s’exerce souvent dans la clandestinité, notamment autour des bars, des lieux de passage et de certaines zones commerciales.
Paroles de personnes concernées (témoignages anonymes)
Sous couvert d’anonymat, des personnes impliquées dans la prostitution à Miti acceptent de livrer leur vécu, révélant une réalité souvent ignorée : « Je n’ai jamais rêvé de faire ça. J’ai quitté l’école faute de moyens. À la maison, il n’y avait rien à manger. J’ai commencé pour survivre. »
Une autre confie vivre dans la peur permanente : « On nous juge beaucoup, mais peu de gens cherchent à comprendre pourquoi on est là. Chaque jour, je crains les maladies, les violences et même les arrestations. »
Pour certaines, la prostitution est vécue comme une impasse : « Si j’avais un travail ou une formation, j’arrêterais immédiatement. Ce que je veux, c’est une autre vie, digne ». Ces témoignages mettent en lumière la détresse sociale et humaine qui se cache derrière cette pratique.
Les jeunes, premières victimes
Les adolescentes et jeunes femmes figurent parmi les plus exposées. Déscolarisées ou issues de familles vulnérables, elles se retrouvent souvent sans encadrement ni perspectives d’avenir. Cette situation les expose à l’exploitation sexuelle, aux grossesses non désirées, aux infections sexuellement transmissibles et à une forte stigmatisation sociale. Au-delà des conséquences individuelles, la prostitution fragilise le tissu social et compromet l’avenir de nombreux jeunes à Miti.
Le regard de la société civile
Pour un acteur de la société civile engagé dans la protection des jeunes à Miti, le phénomène appelle une réponse collective : « La prostitution à Miti n’est pas seulement un problème moral, c’est avant tout un problème social. Tant que la pauvreté, la déscolarisation et le manque d’encadrement persisteront, les jeunes resteront vulnérables. Il faut investir dans la prévention, l’éducation et l’accompagnement psychosocial. »
Prévenir plutôt que condamner
La lutte contre la prostitution passe par des actions de prévention : maintien des jeunes à l’école, formation professionnelle, sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, soutien psychosocial et accompagnement des familles vulnérables. Les organisations locales, les leaders communautaires, les églises et les médias ont un rôle clé à jouer pour briser le silence et orienter les personnes concernées vers des structures d’aide.
Face à cette réalité, la communauté de Miti est appelée à agir ensemble pour protéger ses enfants et ses jeunes. La prostitution n’est pas une fatalité. Avec un engagement communautaire fort et des réponses sociales adaptées, il est possible d’offrir des alternatives dignes et durables aux personnes concernées.
Yseult Lwango










