Le cardinal Fridolin Ambongo a exprimé dimanche sa vive désapprobation face à l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par Kigali, survenue peu après l’entérinement des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, conclus sous l’égide des États-Unis.
Le message a été prononcé à la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC), qui regroupe les conférences épiscopales de la RDC, du Burundi et du Rwanda, tenue à Kinshasa du 10 au 14 décembre.
Pour l’archevêque métropolitain de Kinshasa, les récents développements sécuritaires dans l’est du pays illustrent les limites des initiatives de paix en cours, notamment les processus de Washington et de Doha.
« Dans ce contexte dramatique que traverse notre sous-région des Grands Lacs, et en particulier la République démocratique du Congo, l’ACEAC rappelle avec force que la seule paix authentique est une paix désarmée et désarmante », a déclaré le cardinal Ambongo lors d’une messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame du Congo.
S’interrogeant sur la crédibilité des mécanismes diplomatiques actuels, il a ajouté : « Comment comprendre qu’à moins d’une semaine de la ratification des accords de Washington, la ville d’Uvira tombe sous occupation ? Comment ne pas voir dans cette chute les limites mêmes de certains accords et autres initiatives qui excluent subtilement les Congolais et tendent à normaliser le pillage systématique des ressources du Congo ? »
Selon le cardinal, ces limites renforcent la pertinence de l’initiative portée par les évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et les pasteurs protestants de l’Église du Christ au Congo (ECC).
« Ces limites donnent justement raison à l’initiative d’un pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la sous-région des Grands Lacs », a-t-il souligné.
Les confessions religieuses ont appelé le président Félix Tshisekedi à poser des « actes d’État » en vue de convoquer un dialogue national, après la publication d’une feuille de route destinée à appuyer les initiatives diplomatiques internationales menées par les États-Unis et le Qatar. Le chef de l’État maintient toutefois qu’aucun dialogue ne peut être organisé en dehors de son propre cadre institutionnel.
Lors de récentes interventions à Kinshasa et à l’étranger, Félix Tshisekedi a réaffirmé son attachement au principe d’un dialogue national, tout en rejetant toute influence extérieure. Il a renouvelé son soutien à l’Accord de Washington et au processus de Doha, estimant que ces initiatives permettront à la RDC de se prémunir contre des tentatives de déstabilisation, notamment sur le plan sécuritaire.
En RDC, plusieurs confessions religieuses parlent désormais d’une même voix sur les voies de sortie de crise dans l’est du pays, théâtre de violences persistantes liées à l’AFC/M23. Une feuille de route commune pour le dialogue national a ainsi été rendue publique le lundi 25 août à Kinshasa, portée conjointement par la CENCO, l’ECC, la Plateforme des confessions religieuses du Congo et la Coalition interconfessionnelle pour la nation (CIN).
Depuis sa publication, les actes attendus de la présidence tardent à se matérialiser, selon ces organisations. Sur le plan international, les initiatives diplomatiques progressent sur le papier mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre les autorités congolaises et la rébellion de l’AFC/M23.
La rédaction










