Guerre du M23 : Le gouvernement congolais réaffirme sa détermination à défendre l’intégrité territoriale face aux attaques du Rwanda

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a fermement réaffirmé sa détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays après les récentes attaques du Rwanda sur l’axe Kamanyola-Uvira, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est du pays.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé, mercredi 10 décembre, les attaques directes menées par l’armée rwandaise contre des zones civiles, notamment la ville d’Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu.

Dans une intervention sur la chaîne publique congolais Télèma, M. Muyaya a précisé que les bombardements et les tirs de drones kamikazes ont été lancés depuis le territoire rwandais, plus précisément depuis Bugarama, ciblant des structures civiles, telles que des hôpitaux, des centres de santé et des habitations.

“Depuis dimanche, ces bombardements ont fait de nombreuses victimes parmi nos compatriotes, tant morts que blessés. C’est une violence inouïe portée par l’armée rwandaise, dont l’objectif est de semer la mort et la désolation”, a déclaré le ministre.

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans la région. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées par les violences dans les derniers jours, portant le nombre total de déplacés à plus de sept millions à travers tout le pays, selon le ministre. La crise humanitaire dans la région du Sud-Kivu devient de plus en plus inquiétante.

Nous avons plus de 200 000 compatriotes nouvellement déplacés, qui s’ajoutent aux sept millions déjà recensés dans d’autres zones de conflit. C’est une situation alarmante“, a ajouté Patrick Muyaya.

Le gouvernement congolais a assuré qu’il ne céderait “aucun centimètre de son territoire”, soulignant l’engagement de toutes les autorités, y compris le président et la Première ministre, pour suivre de près l’évolution de la situation.

“Le président de la République, la Première ministre, tout le gouvernement, sont mobilisés pour suivre la situation de près et nous ne céderons aucun centimètre de notre territoire”, a insisté Patrick Muyaya.

Il a également salué “la bravoure et le patriotisme” des militaires et des volontaires congolais engagés contre les forces rwandaises.

Un accord de paix mis à mal

Les attaques du Rwanda interviennent à peine six jours après la signature d’un accord de paix entre la RDC et les rebelles du M23, le 4 décembre dernier, à Washington. L’accord était censé mettre fin aux hostilités et garantir le respect de l’intégrité territoriale de la RDC. Mais pour le gouvernement congolais, la situation actuelle reflète un échec de cet accord et une violation des engagements du Rwanda.

“Six jours après la signature de cet accord de paix, le constat est amer. L’accord devait garantir le respect de l’intégrité territoriale et l’arrêt des hostilités, mais au lieu de cela, nous faisons face à des attaques venant du territoire rwandais”, a déclaré Patrick Muyaya.

Il a ajouté que le retrait des troupes rwandaises, une condition essentielle de l’accord, n’a pas eu lieu et que le Rwanda continue de soutenir le M23, un groupe rebelle accusé de déstabiliser la région.

Le porte-parole du gouvernement congolais a également lancé un appel à la communauté internationale pour soutenir la RDC dans sa lutte contre les agressions extérieures et la défense de son intégrité territoriale. “Le monde doit comprendre que ce n’est pas seulement un problème régional, mais un défi pour la paix et la stabilité internationales”, a-t-il déclaré.

Le gouvernement congolais reste déterminé à défendre son territoire face aux attaques répétées et met en garde contre toute tentative de déstabilisation de la région, rappelant que la RDC ne cédera “aucun centimètre de son sol”.

La guerre se poursuit dans l’Est du pays

Le conflit dans l’Est de la RDC dure depuis plusieurs années, exacerbée par la présence de divers groupes armés, dont le M23 soutenu par le Rwanda, selon le gouvernement congolais. La situation à Uvira devient un nouveau front de cette guerre de plus en plus complexe.

Alors que les autorités congolaises continuent de mobiliser leurs forces pour défendre leur territoire, les civils restent les premières victimes de cette guerre, fuyant les bombardements et les combats incessants.

La rédaction