Le transfert des malades d’une aire de santé vers l’hôpital de référence de Masisi et le centre de santé de Masisi demeure une pratique habituelle dans la zone de santé portant le même nom.
Cette pratique se fait souvent sur des motos, et certains malades sont transportés sur des brancards. La majorité d’entre eux sont des femmes enceintes vivant dans des aires de santé éloignées de l’hôpital général de référence de Masisi, situé dans le territoire de Masisi.
À l’instar de l’aire de santé de Kitsule (Groupement Biiri), située à environ 5 kilomètres de Masisi centre, la population a l’habitude de transférer les patients vers le centre de santé de Masisi ou vers l’hôpital général de référence de la place.
« Dans l’aire de santé de Kitsule, nous avons un problème sérieux. La population de ma zone d’intervention préfère se faire soigner à Masisi centre. Les malades sont souvent transportés sur des motos et sur des civières. Imaginez-vous, lorsque le patient est déposé, la moto va transporter d’autres clients, et tous ces clients seront exposés à la contamination, de même qu’un malade qui sera transféré sur le brancard », renseigne Serugendo Safari, infirmier titulaire du centre de santé de Kitsule.
Face à la recrudescence des cas de choléra dans cette entité, cet acteur de santé appelle la population de la zone d’intervention à abandonner cette pratique qui favorise la propagation de la maladie. Il plaide également pour la dotation de cette zone en ambulances médicalisées, afin de contribuer au transfèrement des cas.
« Pour couper la chaîne de contamination, nous demandons à la population de ne plus transférer les malades souffrant de diarrhée à l’HGR Masisi. Dans le domaine médical, c’est intolérable de transférer un malade qui émet toute forme de diarrhée d’une aire de santé à une autre. Nous profitons de l’occasion pour demander qu’on nous dote d’ambulances adaptées à ce travail, car elles sont spécifiquement conçues pour cela », plaide-t-il.
Il convient de noter que depuis la résurgence de l’épidémie de choléra dans la zone de santé de Masisi, il y a plus d’un mois, plus de 300 cas ont déjà été confirmés, parmi lesquels 4 décès communautaires : deux à Miandja et deux autres à Buguri, en groupement Bapfuna, rapportent nos sources.
Victoire Muliwavyo











