Ituri : la base militaire de la Monusco d’Amée transférée aux FARDC

La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo a remis jeudi le contrôle de sa base d’Amee, à plus de 120 km de Bunia, aux Forces armées congolaises, marquant une nouvelle étape dans son retrait progressif de la province de l’Ituri.

Ce transfert intervient alors que la situation sécuritaire s’est nettement améliorée dans cette zone du territoire de Mahagi, autrefois durement touchée par les violences du groupe armé Codeco. Les autorités locales affirment que l’accalmie observée depuis deux ans a favorisé le retour de milliers de personnes déplacées et permis une reprise visible des activités quotidiennes.

« Aujourd’hui, les jeunes ont repris les études parce que la présence des Casques bleus a ramené la sécurité à Amee », a déclaré le colonel Faustin Bozibo, chargé des opérations à la 32e région militaire. « Si la mission n’était pas installée ici, on aurait eu des problèmes d’insécurité. Nous rassurons la population : l’armée va continuer à les protéger. »

Les populations locales évoquent également une cohabitation apaisée entre communautés, la réouverture des marchés et la reprise des activités agricoles. Selon les organisations citoyennes, cette amélioration est le résultat d’efforts combinés, mêlant opérations militaires conjointes et dialogues communautaires.

Christian Ngabomitchu, président du Conseil territorial de la Jeunesse de Djugu, estime que la présence des Casques bleus a joué un rôle déterminant dans la stabilisation : « Avant leur arrivée, la région était inhabitée. Grâce à leur présence, les habitants sont revenus. Ils ont encouragé le dialogue et réduit l’activisme des groupes armés. Nous appelons notre armée à préserver ces acquis et à éviter les arrestations arbitraires. »

La mission onusienne avait installé la base en 2020, au pic des exactions de la Codeco. Outre les infrastructures, elle a remis aux FARDC divers équipements, dont 30 tentes pour troupes, 15 projecteurs de sécurité périmétrique, un groupe électrogène, une cuisine et des installations sanitaires de campagne, ainsi qu’un atelier de réparation de véhicules.

La rédaction