L’activiste congolaise Chantal Faida, reconnue pour son engagement en faveur des droits des femmes et de la gouvernance inclusive, a vivement critiqué jeudi 4 décembre, l’accord de paix signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda à Washington, sous la médiation du président américain.
Invitée sur le plateau de B One TV pour un débat spécial, elle a salué la progression diplomatique, tout en mettant en garde contre un processus qu’elle juge incomplet et insuffisamment ancré au sein des institutions congolaises.
« J’ai eu l’immense honneur de contribuer au débat sur un dossier d’une importance stratégique majeure », a-t-elle déclaré.
« Il est encourageant de voir la diplomatie progresser à ce niveau. Cependant, je dois souligner un point critique pour la durabilité de cet engagement. Les solutions politiques et militaires restent toujours à la portée de tout État qui se veut souverain. »
Faida estime que la validation de l’accord par l’exécutif ne constitue qu’une première étape.
Pour que le texte devienne un véritable instrument de stabilité régionale, le Parlement doit être pleinement impliqué. « Le processus ne peut s’arrêter à la validation exécutive. L’implication entière du Parlement n’est pas seulement souhaitable, elle est impérative », a-t-elle insisté.
Selon elle, la ratification parlementaire doit permettre de « garantir sa légitimité démocratique et son ancrage national » tout en assurant « sa parfaite conformité aux textes constitutionnels, législatifs et aux engagements régionaux existants ».
Faida, régulièrement engagée sur les questions de participation citoyenne et d’inclusion des femmes dans les processus politiques, a rappelé que la paix durable ne pouvait être l’apanage exclusif des dirigeants.
« La paix n’est pas qu’une affaire de chefs d’État. C’est un engagement de la nation, validé par ses représentants. C’est le fondement de la stabilité », a-t-elle affirmé.
Elle a également appelé à des étapes post-accord claires, incluant une communication transparente sur le contenu du traité, un suivi parlementaire rigoureux et une participation active de la société civile.
« Les communautés doivent se saisir de ce moment. L’appropriation populaire et institutionnelle est essentielle pour que ce traité devienne un outil partagé et accepté », a-t-elle déclaré.
Interpellant le public, Faida a conclu en invitant les citoyens à prendre part au débat national : « À vous la parole, communauté. La paix durable se construit collectivement. »
La rédaction










