Dix mois et trois jours après sa prise par la coalition rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC-M23), la ville de Goma, dans le Nord-Kivu, s’enfonce dans un chaos profond.
Depuis deux mois, la ville vit au rythme d’une crise financière et sociale grandissante.
Les banques et institutions de microfinance restent fermées, rendant l’accès à l’argent quasi impossible. Cette rareté des liquidités alimente une inflation galopante qui asphyxie le pouvoir d’achat des ménages, malgré l’abondance des produits sur le marché.
La rébellion avait annoncé la réouverture de la Caisse générale d’épargne du Congo (CADECO) pour relancer le circuit bancaire, mais cette initiative demeure quasiment inexistante. Même les opérations de perception des taxes sont perturbées, car personne ne connaît réellement la destination des fonds collectés.
Outre la crise financière, l’accès aux soins de santé est quasiment nul : les structures sanitaires sont dépourvues de médicaments depuis le retrait de plusieurs ONG.
Le secteur éducatif est également sinistré, avec des classes désertées et des frais de scolarité devenus inaccessibles, illustrant l’effondrement général du système.
Des initiatives financières locales ont tenté de pallier la crise, mais la plupart ont rapidement fermé ou n’ont pas permis d’offrir de véritables services à la population. C’est le cas d’une tontine qui promettait de doubler les épargnes en quelques jours, mais qui n’a pas survécu. Aujourd’hui, des milliers de ménages ont perdu leurs économies dans cette initiative pourtant lancée avec l’aval des nouveaux occupants de la ville.
Comme si cela ne suffisait pas, une autre initiative d’épargne en ligne est née quelques mois plus tard : plusieurs investissements y sont désormais bloqués, et de nombreux jeunes, particulièrement attirés par cette plateforme, se retrouvent piégés.
La ville de Goma continue ainsi de sombrer dans une instabilité multidimensionnelle, sans signe de reprise à court terme.
La rédaction









