Réouverture de l’aéroport de Goma : aucune crise humanitaire ne la justifie (AFC/23)

Au Nord-Kivu, il y a certes une crise humanitaire, mais elle n’est ni alarmante ni urgente au point de justifier la réouverture de l’aéroport de Goma,” explique l’AFC/M23, qui contrôle actuellement la région.

Le mouvement réagit aux intentions manifestes du gouvernement congolais, de la communauté humanitaire et de certaines puissances de relancer les activités de l’aéroport international de Goma, au motif de “désamorcer la situation humanitaire de la population”.

L’AFC/M23 estime que l’urgence humanitaire ne se situe pas dans les zones sous son contrôle, mais plutôt ailleurs.

Dans une conférence de presse, son responsable des actions sociales explique qu’aucun site de déplacés ne se trouve dans ou autour de Goma pour justifier ce caractère “alarmant” qu’on ne cesse de mentionner pour justifier la réouverture “précipitée et non concertée” de l’aéroport de Goma. Chantal MUREKATETE tacle la France et appelle les humanitaires à la prudence.

“Je crois que vous vous souvenez du positionnement de la France en 1994 dans le pays voisin avec l’opération Turquoise. Ils ont appelé cela une intervention humanitaire alors qu’en réalité, c’était une intervention politique et les conséquences, nous les subissons jusqu’à aujourd’hui chez nous. Ça, c’est le premier point. Ensuite, cette communauté humanitaire qui parle de besoins, les besoins sont à plusieurs niveaux. Il y a des besoins à Beni, à Ituri, si nous parlons du Bandundu, du Kasaï, partout il y a des besoins humanitaires plus flagrants que chez nous ici, mais personne n’en parle et tout le monde se focalise sur Goma. Cet acharnement sur Goma, ça sert à quoi ?” s’interroge-t-elle.

Depuis la chute de la ville fin janvier dernier, l’aéroport international de Goma n’est plus opérationnel. Malgré plusieurs appels insistants, dont celui de la France et du président Tshisekedi, à sa réouverture pour “faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire”, aucune avancée concrète n’a été enregistrée jusqu’ici.

Devant ce ping-pong, qui bloque l’accès aux aides humanitaires pour les nécessiteux, plusieurs observateurs estiment qu’il est temps que les médiateurs, comme le Qatar et les États-Unis, puissent s’impliquer afin de lever les blocages persistants entre Kinshasa et l’AFC/M23.

La rédaction