Kenge : Un journaliste de l’ACP menacé et presque jeté dans un ravin

Le journaliste Fils Mbangi Kwenda, de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), a déclaré avoir été violemment menacé vendredi alors qu’il couvrait les travaux anti-érosifs menés par l’Office des Voiries et Drainage (OVD) sur le site de Masikita, dans la ville de Kenge, province du Kwango.

Mbangi a affirmé avoir été “malmené, menacé violemment et failli être jeté dans le ravin” par des individus présentés comme des journaliers affectés au chantier. Selon lui, ces personnes lui ont interdit de filmer ou de prendre des images, évoquant une interdiction prétendument émise par des responsables locaux.
J’ai été malmené, menacé violemment et failli être jeté dans le ravin par les journaliers de l’OVD … sous-prétexte que les autorités notamment l’ANR et le directeur provincial de l’OVD Kwango avaient défendu de prendre des images de ce site”, a-t-il déclaré.

Le journaliste affirme s’être présenté avec Merveille Kuzangula Balambi, une stagiaire professionnelle qui l’accompagnait, mais leurs explications n’auraient pas suffi à calmer les esprits.
En dépit de nous être présentés … ces prétendus journaliers ont affirmé qu’ils exécutaient l’ordre de leurs autorités”, a-t-il ajouté.

Mbangi a indiqué avoir contacté par téléphone l’ingénieur responsable du chantier, Brunel Mitondo, pour solliciter un entretien. Celui-ci lui aurait confirmé que l’accès au site était interdit sans autorisation préalable.
Il m’a répondu que l’accès était interdit par l’ANR et le directeur provincial de l’OVD Kwango, qu’il fallait d’abord une autorisation de l’OVD”, a-t-il rapporté.

Selon Mbangi, la stagiaire Kuzangula a également été prise à partie. Poursuivie par certains ouvriers qui l’auraient accusée à tort d’avoir volé un téléphone, elle aurait réussi à se mettre à l’abri dans une maison proche du site grâce à “l’agilité de ses jambes”.

Alertés par leurs collègues, plusieurs journalistes et membres des médias locaux de Kenge ont dénoncé ce qu’ils qualifient de “traitement inacceptable” infligé aux deux professionnels de l’information et ont exprimé leur solidarité envers l’ACP.

La ville de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, est entourée de nombreuses têtes d’érosions, que les autorités locales considèrent comme une menace croissante pour les populations et les infrastructures. La Route nationale n°1 y connaît également une dégradation sévère à chaque saison des pluies, compliquant fortement le trafic vers Kikwit et Kinshasa, faute de voies de déviation.

La rédaction