Lubero : après Biambwe, Makoko ciblé aussi par les ADF, 25 civils y périssent

Le territoire de Lubero continue d’être victime d’attaques à répétition des présumés rebelles ougandais des ADF.

En effet, après l’attaque qui a ciblé la nuit du vendredi au samedi 15 novembre dernier et qui a coûté la vie à 28 civils, une autre attaque vient de s’enregistrer dans ce territoire du Nord-Kivu près d’une semaine plus tard.

Il s’agit d’une attaque signalée dans la soirée de ce jeudi 20 novembre, qui a visé le village de Makoko, situé en chefferie de Baswagha, où des civils ont été tués dans des conditions atroces. Le bilan provisoire fait état d’au moins 25 morts, selon des sources de la société civile locale.

À en croire Blaise Kalisha, acteur de la société civile de Lubero, plus de 100 personnes ont perdu la vie entre le 10 et le 20 de ce mois, exécutées par des assaillants désormais qualifiés d’« égorgeurs », déplore-t-il.

« Nous continuons à pleurer nos morts alors que du côté de Kinshasa, personne n’en parle, personne ne s’intéresse à notre situation, et cela nous touche profondément en tant que population. C’est pourquoi nous voulons que le gouvernement priorise cette question, qu’il y ait une unité spécialisée dans la traque des ADF, parce que nous constatons du tâtonnement dans cette guerre. Ça doit cesser, nous en avons vraiment marre », indique-t-il.

Les ADF : un ennemi qui frappe sans être inquiété

Depuis plusieurs mois, Lubero est devenue la cible privilégiée des ADF, un groupe qui continue de semer la terreur malgré les millions dépensés par le pays pour acquérir drones, équipements modernes et armes sophistiquées.

Face à cette situation, l’acteur de la société civile pose plusieurs questions : Comment expliquer que ces « égorgeurs » parviennent à massacrer des dizaines de civils sans être localisés ? À quoi servent les moyens militaires vantés dans les discours officiels ?

    Une population abandonnée à son sort

    Selon lui, à Makoko comme dans de nombreux villages de Lubero, les survivants enterrent leurs morts dans la peur. Ils lancent un appel désespéré à un État qui semble les avoir oubliés, à une armée qui paraît absente, et à une communauté internationale qui ne réagit que lorsque la géopolitique l’y oblige.

    Pour rappel, la première attaque des ADF à Makoko date du 15 janvier 2025, une attaque qui avait coûté la vie à une quarantaine de civils. Depuis, les habitants ont toujours plaidé pour un renforcement des mesures sécuritaires dans la zone, mais sans obtenir d’écho favorable, déplore notre source.

    Victoire Muliwavyo