RDC : Mbuji-Mayi plongée dans le noir depuis six jours après une panne sur une ligne électrique

La ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, est privée d’électricité depuis six jours à la suite d’un défaut sur la ligne haute tension de 30 kV, a annoncé mercredi la Société nationale d’électricité (SNEL) dans un communiqué transmis à la presse.

« La Société nationale d’électricité porte à la connaissance de sa clientèle et de la population de la ville de Mbuji-Mayi qu’il y a interruption du courant électrique depuis le 13 novembre à cause du défaut sur la ligne 30 kV causé par un engin de la SACIM », indique la SNEL, évoquant l’entreprise minière Anhui-Congo d’investissement minier.

La compagnie publique évoque également « une surtension à la sous-station de Tshibwe suite à l’arrêt de fonctionnement de l’entreprise ».

Elle assure toutefois qu’elle « rétablira la situation aussitôt les travaux terminés ».

Selon les autorités locales, cette coupure généralisée a fortement perturbé les activités économiques dans cette ville de plusieurs millions d’habitants. De nombreuses radios et télévisions ont cessé d’émettre, tandis que les sociétés de téléphonie, les chambres froides et plusieurs commerces fonctionnent à l’aide de groupes électrogènes ou de panneaux solaires.

« Nous n’avons plus d’énergie électrique depuis bientôt une semaine. Heureusement, j’ai installé une série de panneaux solaires pour alimenter mon auberge en cas de problème comme maintenant. Mais il faut du courant provenant d’un barrage ou d’une centrale pour davantage d’efficacité », explique Godefroid Mwela, propriétaire d’un établissement hôtelier.

La SACIM avait pourtant cédé à la SNEL trois mégawatts sur les douze produits par sa centrale hydroélectrique de Tubwa-Tubidi afin de desservir Mbuji-Mayi, Miabi et Kabeya-Kamwanga.

Pénurie d’eau potable dans la capitale du diamant

L’interruption prolongée du courant a aussi provoqué une pénurie d’eau potable dans la quasi-totalité des quartiers des cinq communes de Mbuji-Mayi, où la REGIDESO dépend de l’électricité pour alimenter son réseau.

Dans plusieurs artères de la ville, femmes, jeunes filles et garçons sont visibles avec des récipients à la recherche d’eau. Les onze points d’eau gérés par l’ASUREP sont submergés par les ménages, malgré des capacités limitées face à une population urbaine estimée à quelque quatre millions d’habitants.

« C’est devenu très difficile de trouver de l’eau en ville. Nous venons ici au point d’eau de l’ASUREP/Butshimunyi pour voir si nous pouvons en avoir. Le gouvernement provincial doit intervenir en urgence, à la fois pour l’électricité et pour l’eau », alerte Sophie Kamwanya, cheffe de bureau dans l’administration publique.

La rédaction