Des militants d’Amnesty International et du mouvement citoyen congolais Lucha ont organisé, jeudi 20 novembre matin à Bruxelles, un sit-in devant plusieurs institutions de l’Union européenne pour dénoncer « l’inaction » des dirigeants européens face aux atrocités commises dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), rapporte l’agence Belga.
Vêtus de noir, les mains peintes en rouge pour symboliser le sang versé dans l’Est du pays, les manifestants ont exhibé des pancartes portant les slogans « Justice pour la RDC » et « Dignité, humanité ». Une large bannière a également été déployée proclamant : « Your inaction kills in DRC », soit « votre inaction tue en RDC », selon la même source.
Pour Ben Kamuntu, porte-parole de Lucha, il est urgent que les institutions européennes prennent leurs responsabilités.
« Nous sommes ici pour interpeller la Commission européenne et les ministres qui se réunissent aujourd’hui. Leur inaction tue au Congo », a-t-il déclaré, appelant l’UE à ne plus « regarder ailleurs ».
Selon lui, plusieurs mesures concrètes sont à portée de main : « L’Union européenne peut renforcer les sanctions ciblées contre les responsables de crimes de guerre, notamment les dirigeants du groupe armé M23, augmenter l’aide humanitaire et soutenir un véritable dialogue politique inclusif en RDC. »
Cette mobilisation survient alors que les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis ce jeudi à Bruxelles, en amont d’un sommet UE–Union africaine prévu les 24 et 25 novembre à Luanda, en Angola.
Les organisations présentes dénoncent un manque de réaction européenne malgré la persistance des violences dans le Nord-Kivu et l’Ituri : attaques contre les civils, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles massives, déplacements forcés de population et violations répétées des libertés fondamentales.
Dans son dernier rapport, Amnesty International alertait de nouveau sur l’ampleur des homicides illégaux, des violences sexuelles et des déplacements forcés plus de sept millions de personnes ainsi que sur la résurgence de plusieurs groupes armés actifs dans la région, dont le M23, les ADF et la milice Codeco, rappelle Belga.
Pour les militants, le message est clair : sans action rapide et déterminée de la part de l’UE, la crise humanitaire en RDC risque de continuer à s’aggraver dans un silence international jugé « insoutenable ».
La rédaction










