La Coordination territoriale de la société civile de Nyiragongo a dénoncé vendredi 7 novembre la destruction massive des champs des populations du groupement Kibumba, dans les villages de Rutovu, Kabindi, Kiroje et Kibiriga, attribuée à des buffles provenant du Parc national des Virunga.
Dans un communiqué rendu public sous la référence N°23/11/2025, la société civile affirme que ces attaques animales se sont intensifiées depuis le retour des habitants dans leurs villages après l’occupation du territoire de Nyiragongo par le M23/AFC.
« Les agriculteurs du groupement Kibumba font face à des situations de plus en plus compliquées suite aux dévastations de leurs champs par les buffles en provenance du Parc national des Virunga », déplore le communiqué signé par Jean-Claude Mambo, président de la Coordination territoriale.
Le document fustige ce qu’il qualifie de « silence manifeste » de la Direction provinciale de l’ICCN Nord-Kivu, accusée de ne pas réagir face aux pertes subies par la population « à chaque saison culturale ».
« Nous lançons un cri de détresse auprès du Directeur général de l’ICCN pour une intervention urgente, notamment en ordonnant la construction d’une clôture électrique afin d’empêcher la traversée de ces animaux sauvages », poursuit la déclaration.
Selon la société civile, ces buffles déborderaient désormais jusque dans les zones habitées, faisant craindre des pertes en vies humaines. Elle avertit que l’inaction des autorités pourrait « accentuer la tension entre les gestionnaires du parc et les populations riveraines ».
La Coordination rappelle que Kibumba est l’un des sept groupements du territoire de Nyiragongo, à forte vocation agricole, et que ses habitants dépendent de leurs récoltes pour la survie de leurs familles.
« C’est grâce à ces champs que les parents victimes des guerres successives parviennent à scolariser leurs enfants et nourrir leurs familles. Ces agriculteurs doivent être indemnisés par les autorités de l’ICCN », plaide le communiqué.
Les animaux du parc, notamment les buffles du secteur de Mikeno, profiteraient de l’absence de fils électriques volés après le retrait des forces gouvernementales pour sortir du parc et ravager les cultures de carottes, pommes de terre, haricots et maïs.
La société civile de Nyiragongo appelle les autorités nationales et provinciales ainsi que les partenaires internationaux à « agir sans délai » afin de préserver la sécurité alimentaire et la cohabitation pacifique entre les communautés locales et le Parc national des Virunga.
La rédaction










