L’annonce faite par Emmanuel Macron, lors de la Conférence internationale sur la crise humanitaire dans les Grands Lacs, continue de provoquer de fortes réactions. Alors que la France a confirmé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, le Rwanda a rejeté en bloc cette décision, qualifiant la démarche de « prématurée et unilatérale ».
Le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier J.P. Nduhungirehe, a exprimé la position officielle de Kigali devant la presse, en marge de la conférence :
« L’aéroport de Goma est occupé par les autorités de fait. Ici, à Paris, le M23 n’était pas représenté », a-t-il déclaré, avant d’ajouter :
« Paris ne peut rouvrir un aéroport, puisque les premiers concernés ne sont pas là. Le cadre approprié pour discuter de cela reste Doha. »
Cette sortie du ministre rwandais intervient alors que la communauté internationale tente de débloquer la situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, où plus de 2,5 millions de déplacés internes attendent une aide urgente.
L’annonce française prévoyait une mobilisation de plus de 1,5 milliard d’euros en faveur des populations touchées par la crise humanitaire dans la région des Grands Lacs.
Le président Emmanuel Macron a souligné que la réouverture de l’aéroport de Goma « vise exclusivement des objectifs humanitaires », avec la mise en place de couloirs sécurisés pour les vols d’aide internationale.
Cependant, le contrôle effectif de la ville par l’AFC/M23 rend toute mise en œuvre délicate. Les Nations unies et plusieurs ONG plaident pour un cadre de concertation entre Kinshasa, Kigali et les acteurs humanitaires avant toute opération.
La réaction rwandaise à Paris démontre que les tensions diplomatiques restent vives autour de la question de Goma. Entre considérations humanitaires, enjeux de souveraineté et rivalités régionales, la voie vers une solution concertée semble encore longue.










