L’absence de juridiction militaire à Mambasa, dans la province de l’Ituri, plonge des centaines de détenus dans une situation de détention illégale prolongée, alerte la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) qui appelle le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme à agir de toute urgence.
Dans une correspondance adressée à la coordonnatrice du Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme à Bunia, consultée par lesvolcansnews.net, la NSCC de Mambasa tire la sonnette d’alarme : plus de 150 personnes détenues dans la prison centrale de Mambasa attendent leur procès depuis plus d’un an devant le Tribunal militaire de garnison.
« Certains restent en détention au-delà même du temps prévu pour les infractions pour lesquelles ils sont poursuivis », déplore Me Paluku Mbowa, coordonnateur de la NSCC/Mambasa, dans la lettre datée d’octobre 2025.
L’ONG évoque une violation grave du droit fondamental d’être jugé dans un délai raisonnable par une juridiction compétente, tel que garanti par l’’article 19 de la Constitution congolaise.
La prison centrale de Mambasa, conçue pour accueillir un nombre limité de personnes, est aujourd’hui surpeuplée, avec plus de 500 détenus, dont une grande majorité en situation irrégulière.
Ce surpeuplement est aggravé, selon la NSCC, par l’absence d’audiences régulières des juridictions militaires dans la région.
« Nous avons à faire à des justiciables relevant des juridictions militaires dans un contexte d’état de siège, où la procédure devrait normalement être rapide », souligne Me Mbowa.
Face à cette situation, l’organisation appelle le Tribunal militaire de garnison de Bunia à organiser des audiences foraines à Mambasa, au moins une fois par trimestre, en attendant l’installation effective d’une juridiction militaire permanente dans le territoire.
« Cela nécessite un appui financier de votre institution à la justice », insiste le coordonnateur, s’adressant à l’ONU.
La NSCC espère que ce plaidoyer recevra une réponse favorable, rappelant le rôle du Haut-Commissariat aux droits de l’homme dans la promotion de la justice et la prévention des traitements inhumains dans les lieux de détention.
La Rédaction











