Des activistes, jeunes leaders, membres de mouvements citoyens et défenseurs des droits humains ayant fui la ville de Goma à cause de menaces graves sur leur sécurité, ont adressé une correspondance au Ministre des Droits humains de la République Démocratique du Congo.
Dans ce message, ces militants en exil appellent à une intervention urgente du gouvernement face à leur situation qu’ils qualifient de “précaire et intenable”.
Réunis à Beni et Butembo, ces hommes et femmes engagés disent avoir été contraints de quitter Goma en raison de leur engagement dans la dénonciation des exactions commises par l’armée rwandaise et la coalition M23-AFC sur le territoire congolais.
« Pour avoir amplifié la voix du gouvernement à travers des dénonciations, opinions, rapports et documentations sur l’activisme de l’armée rwandaise et du M23-AFC, nous avons été la cible de menaces graves qui ont mis en péril notre vie et notre intégrité physique », peut-on lire dans leur correspondance.
Ces défenseurs affirment avoir été ciblés à cause de leur travail de veille citoyenne face aux violations massives des droits humains, au pillage des ressources naturelles et à l’occupation de certaines zones de l’Est du pays par des forces étrangères.
Ils dénoncent également l’abandon dont ils sont victimes de la part des autorités nationales et des partenaires humanitaires.
« Nous vivons dans une précarité sans précédent. Nous sommes loin de nos zones de confort, privés de moyens de subsistance, d’accès aux soins et de sécurité minimale », déplorent-ils.
Dans leur lettre, les signataires interpellent directement le ministre sur un fonds gouvernemental de 4.489.890 USD censé être dédié au monitoring et à l’assistance aux défenseurs des droits humains déplacés, selon une correspondance datée du 13 mai 2025 signée par la Première Ministre.
« Ce fonds existe, mais nous n’en avons vu aucun effet sur le terrain. Des indices sérieux de détournement sont évoqués. C’est pourquoi nous demandons votre implication directe pour faire la lumière sur ce dossier et assurer que ces ressources atteignent réellement les bénéficiaires », plaident-ils.
Les militants insistent aussi sur la nécessité d’un traitement égalitaire de tous les défenseurs des droits humains, sans discrimination ni favoritisme.
« Nous demandons à ce que l’attention portée aux activistes ne soit pas sélective. Tous les défenseurs méritent la même protection et assistance, conformément aux articles 12 et 13 de la Constitution », soulignent-ils.
Face à la persistance de l’insécurité, les violences et l’impunité dans les zones en conflit, ces militants appellent à une action urgente du ministère pour faire respecter les droits fondamentaux de ceux qui s’engagent pour la justice et la paix.
« Espérant que notre cri sera entendu, nous réaffirmons notre engagement civique et patriotique au service de notre pays », concluent-ils.
Les mêmes cris ont été lancés par des activistes résidents au Burundi.
La rédaction











