Instituée depuis le 22 décembre 1989 par la résolution A/RES/44/236 au cours de l’Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe était célébrée chaque deuxième mercredi du mois d’octobre. C’est le 21 décembre 2009 que l’Assemblée générale va opter pour la date du 13 octobre, avec pour objectif de sensibiliser les gens à la manière de prendre des mesures afin de réduire leur risque en cas de catastrophe.
À Goma, l’Université de Goma (UNIGOM) n’a pas raté le coche pour célébrer cette journée avec ses étudiants de l’École supérieure de volcanologie et de gestion des risques de catastrophes aux côtés de ses partenaires, dans une conférence-débat très constructive. La grande salle de conférence de l’université a accueilli une cinquantaine de participants qui ont, au cours des échanges scientifiques, dégagé quelques recommandations afin de chaque fois éviter que les catastrophes arrivent à l’improviste sans que des précautions soient prises en amont pour réduire les risques d’une escalade.
À en croire le recteur de l’UNIGOM, qui, lors de sa prise de parole pour son mot de circonstance, le professeur ordinaire Muhindo Mughanda, l’École supérieure de volcanologie et de gestion des risques de catastrophe est la première dans la région et offre un avenir plus sûr pour les générations futures :
« Les pluies diluviennes, les vents violents, les éruptions volcaniques, voire les inondations lacustres nous guettent. Je crois qu’il est sérieusement impérieux d’envoyer vos enfants étudier à l’Université de Goma pour la durabilité et le sens de prévenir les catastrophes, que de financer les dégâts en indemnisant les victimes. La terre qui nous porte peut se réveiller et nous faire mal. Il y a moyen d’anticiper les catastrophes qui sont de diverses origines. Parfois naturelles, oui, elles sont là, mais il sied de noter qu’on peut prévenir et prendre des précautions pour limiter le degré de vulnérabilité. Le paradoxe est que les gens préfèrent financer les catastrophes que de financer la résilience. Il est urgent de ne pas se permettre l’arrivée des catastrophes. La résilience doit être financée », a-t-il martelé avant de revenir sur l’objectif de la journée :
L’objectif est de mobiliser l’action pour une transition urgente de réponse réactive à l’investissement proactif en RDC. L’UNIGOM annonce que dans les jours qui viennent, une autre filière d’étude sera lancée afin de former les étudiants capables de nous donner des précautions liées au risque sismique. Avec seulement trois ans d’existence, l’École supérieure de volcanologie et de gestion des risques de catastrophes est une référence dans la région.
Le recteur de l’Université de Goma, professeur ordinaire Muhindo Mughanda, n’a pas tari d’éloges à ses partenaires dont CAFOD, BEAT, ActionAid et les autres qui ne cessent d’appuyer les actions allant dans le sens de financer la résilience et non les catastrophes :
« Les coûts liés aux catastrophes poussent les pays dans une spirale d’endettement accrue et de baisse de revenu. Financer la résilience, c’est préparer l’avenir. Financer la résilience, c’est protéger la vie, assurer le développement de notre pays et notre région », a-t-il conclu.
Plusieurs interventions ont suivi. Loin de la ville de Goma, le professeur Blaise Mafuko a présenté les résultats de ses études portant sur le renforcement de la résilience communautaire face aux risques de catastrophe.
L’impétrant est revenu sur les trois dernières éruptions volcaniques que la ville de Goma a subies avec des impacts différents, suite non seulement au type de l’éruption mais aussi au contexte, surtout avec l’explosion démographique de ces derniers temps. Les éboulements de Kalehe, les érosions et inondations… Le professeur a donné quelques astuces devant nous permettre de prendre des précautions avant que les catastrophes n’arrivent.
Il en est de même pour les risques humains : des épidémies, pandémies, voire des conflits conduisant à des guerres sans scrupule.
Les participants ont été appelés à travailler dans quatre groupes selon leurs catégories, passant par les humanitaires, les étudiants jusqu’aux agents communautaires. Les résultats assortis des échanges ont été fructueux, conduisant jusqu’à la formulation des recommandations à même de faire la promotion du financement de la résilience.
Famille Alphonse, étudiant de l’Université de Goma, l’un des participants à cette journée scientifique, s’est dit fier de comprendre que les dégâts liés aux catastrophes peuvent être minimisés si et seulement si l’on prend les précautions avant que le pire n’arrive :
« Je suis très ravi d’avoir pris part à ces assises. Vaut mieux prévenir que guérir. Les gens se concentrent beaucoup à donner des moyens colossaux pour indemniser les victimes après les catastrophes, pourtant l’on pourrait réduire tant soit peu les risques. Je profite de votre micro pour lancer un appel vibrant aux élèves finalistes de choisir l’École supérieure de volcanologie et de gestion des risques de catastrophes ici à l’Université de Goma. Il s’agit d’une bonne façon de garantir l’avenir des générations futures. »
Notons que les recommandations ont été émises par les participants qui veulent voir la sensibilisation être efficace en milieu scolaire, que les communautés soient impliquées dans la campagne de sensibilisation sur les alertes précoces au niveau local, avec des informations suffisantes sur les risques. La prévention des catastrophes est le socle d’un avenir durable : bâtir une société qui ne subit pas les catastrophes mais qui s’attend à les prévenir et s’y adapter, voilà la quintessence des recommandations des participants, qui ont émis le vœu de jouer un rôle crucial dans la réduction des risques de catastrophe.
Christian Kamalebo Konga









