Belgique : Voici comment Tshisekedi explique sa main tendue à Kagame

En marge de sa participation au Global Gateway Forum, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rencontré la communauté congolaise à Bruxelles dans la nuit de vendredi à samedi.

À cette occasion, il est revenu sur sa récente déclaration tendant la main à son homologue rwandais, Paul Kagame, tout en

réaffirmant la posture défensive de la RDC face à l’agression dont elle est victime.


Devant près de 300 Congolais rassemblés à l’Hôtel Tengla, le Chef de l’État a pris la parole aux alentours de 2 heures du matin, dans un échange franc et sans langue de bois, durant lequel il a réitéré son appel à la paix, sans pour autant faire abstraction des enjeux géopolitiques actuels.

« La République démocratique du Congo est victime d’une agression barbare, la RDC se défend, la RDC n’est pas un pays va-t-en-guerre. Nous voulons la paix », a-t-il déclaré d’entrée de jeu, dans un ton à la fois grave et résolu.

Le Président Tshisekedi a expliqué que sa main tendue à Kigali n’est nullement une capitulation, mais un acte de responsabilité politique destiné à prendre la communauté internationale à témoin, dans un contexte où certains lobbies s’emploieraient à présenter la RDC comme un fauteur de troubles.

« Les ennemis de la République se sont constitués en lobbies pour présenter la RDC comme un obstacle à la paix. Le Global Gateway Forum était donc une belle occasion pour prendre le monde à témoin », a-t-il indiqué.


Bien qu’il n’ait pas prévu de message formel pour cette rencontre, le Chef de l’État a décidé de s’adresser à ses compatriotes dans un moment d’improvisation maîtrisée.

« Je n’avais pas prévu de déclaration, pour ne pas donner l’occasion aux ennemis de pérorer. Et ils sont nombreux, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, vents debout », a-t-il confié.

Il a par ailleurs dénoncé les tentatives de sabotage de la coopération entre Kinshasa et Washington, affirmant que certains acteurs  internes et externes cherchent à torpiller le partenariat stratégique en cours avec les États-Unis.


Interrogé indirectement sur la question d’un éventuel dialogue national,  Félix Tshisekedi a été clair : oui au dialogue entre Congolais, mais pas à n’importe quel prix.

« Je suis pour le dialogue entre Congolais, mais pas celui des genres passés qui avaient conduit à des brassages et à des mixages, plongeant le pays là où il se retrouve », a-t-il averti.

Il a fermement rejeté l’idée de toute concertation qui inclurait des individus « inféodés » à des intérêts étrangers ou à nationalité douteuse, affirmant que ces types de dialogues ont contribué à affaiblir la République.

« Nous ne voulons pas de ce dialogue-là ! », a-t-il martelé, sous les applaudissements nourris de la salle.

En conclusion de son intervention, le Président Tshisekedi a affirmé que rechercher la paix ne devait pas être perçu comme un signe de faiblesse, mais comme un choix stratégique.

« Faire la paix n’est pas une faiblesse ! », a-t-il insisté, avant de lancer : « J’attends la réponse à mon offre ».

La rédaction