La situation humanitaire alarmante des familles déplacées vivant autour de la base logistique des FARDC à Ozacaf, dans la ville de Beni (Nord-Kivu), a été au cœur d’un échange entre le général de brigade Joseph Mugisa Muleka, commandant du secteur opérationnel Sokola 1 Grand Nord et Front Nord, et Mme Estimé Modibawagoto Lekopole, cheffe de division provinciale des Actions humanitaires et Solidarité nationale.
Ces échanges ont porté sur les risques sécuritaires et les conditions de vie extrêmement précaires dans lesquelles survivent plus de 2 000 familles de dépendants militaires, dont des femmes, des nourrissons et de nombreux enfants déplacés de guerre.
« Je suis ravi de toutes les observations que vous avez faites. Évidemment, je les avais déjà constatées et j’ai même présenté un rapport à la plus haute hiérarchie pour expliquer les dangers liés à la présence de ces familles près de notre base logistique. Le message est déjà passé, nous attendons la suite. Je reste bien ouvert aux débats de ce genre et ensemble, nous allons poursuivre ce plaidoyer », a déclaré le général de brigade Joseph Mugisa Muleka, en recevant son hôte à la base de commandement de Beni.
Selon des sources administratives locales, ces familles déplacées, dont la plupart sont des dépendants de militaires engagés au front, dorment à la belle étoile, sous les arbres ou sur des balcons sans la moindre protection contre les intempéries.
Les jeunes filles, particulièrement vulnérables, seraient exposées à de multiples formes d’abus, y compris l’exploitation sexuelle et les viols, dans le simple but de subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens.
« Nous sommes venus expliquer au commandant du secteur opérationnel Sokola 1 Grand Nord et Front Nord certaines difficultés et risques sécuritaires que courent ces centaines de déplacés. Ils sont installés à proximité directe d’une zone hautement sensible pour notre armée. Cela augmente le risque d’infiltration ennemie et compromet notre dispositif sécuritaire », a souligné Mme Estimé Modibawagoto Lekopole.
Elle a insisté sur l’urgence d’une délocalisation immédiate de ces familles, appuyée par une assistance humanitaire coordonnée, tout en plaidant pour une réponse intégrée entre les autorités militaires et les institutions en charge de la gestion humanitaire.
Ce plaidoyer vise, selon Mme Lekopole, à offrir une solution durable aux déplacés en détresse, à travers une approche fondée sur la résilience communautaire. Il s’agit notamment de faciliter leur réinsertion sociale et économique dans un cadre plus sécurisé, loin des risques liés à la cohabitation avec une base militaire stratégique.
« Nous devons trouver ensemble un nouveau site pour leur délocalisation avant que le pire n’arrive. Ce plaidoyer vise aussi à garantir la scolarisation des enfants, l’accompagnement psychosocial, l’accès à l’éducation et à des moyens de subsistance viables pour ces familles affectées par la guerre contre le M23-RDF et les ADF,»a-t-elle poursuivi.
Elle a conclu en appelant à une synergie entre le commandement militaire et les autorités humanitaires pour élaborer une réponse pilote, adaptée aux besoins des familles déplacées et centrée sur la cohésion sociale, la sécurité, et le bien-être des enfants.
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