Le prince Jacques Bashali sera officiellement intronisé le jeudi 9 octobre 2025 à Kitshanga comme chef coutumier (Mwami) de la chefferie des Bashali. Une intronisation qui se fera sous l’égide du mouvement M23/AFC, désormais force dominante dans cette zone.
L’information a été confirmée par une convocation officielle adressée aux autorités coutumières locales, consultée lesvolcansnews.net a obtenu copie. Ce document fait état d’une cérémonie solennelle prévue à 10h00 précises à Kitshanga, chef-lieu de la chefferie, où la présence de tous les chefs de groupement, de localité et kapitas est exigée.
“Nous vous adressons, par la présente, une convocation solennelle à la cérémonie d’intronisation et d’installation de Son Altesse Sérénissime Mwami Bashali Luanda Jacques, nouveau Chef de la Chefferie des Bashali”, lit-on dans la convocation signée par le prince lui-même.
Cette intronisation intervient après la fuite de l’actuel Mwami Roger Bashali, qui n’a jamais pu rejoindre son fief de Kitshanga depuis son intronisation à Goma alors encore sous contrôle du gouvernement et sa cooptation comme député provincial a en coire, l’entourage de Mwai Jacques.
Depuis la prise de Kitshanga par l’AFC/M23, Roger Bashali aurait quitté le pays et se trouverait actuellement en Belgique ou en France, selon cette source.
“Jacques ne vient pas remplacer le mwalimu mais il vient assurer la continuité du pouvoir coutumier. Le Mwami Roger, intronisé à Goma, ne s’est jamais rendu dans son fief pour des raisons d’insécurité. Avec la prise de Kitshanga, puis de Goma, Sa Majesté Roger a dû se réfugier à l’étranger. Il y avait un vide, et la famille a décidé de confier le pouvoir à Jacques Bashali”, explique un des organisateurs de la cérémonie.
L’AFC présente, mais pas décisionnaire ?
L’annonce suscite de nombreuses interrogations dans les milieux coutumiers et politiques du Nord-Kivu, notamment en raison de l’implication apparente du M23/AFC, qui occupe militairement la région.
Toutefois, les proches de Jacques Bashali insistent : la décision serait strictement familiale et coutumière.
“Certes, il y aura des autorités de l’AFC, mais cette décision n’émane pas d’eux. C’est une décision de la famille Bashali”, affirme notre source.
La désignation d’un nouveau chef traditionnel en dehors des procédures classiques interroge, surtout dans une province où le respect des us et coutumes est un enjeu de légitimité.
Plusieurs voix s’élèvent déjà pour questionner la conformité de cette intronisation avec les pratiques coutumières reconnues.
“Certes, cette affaire semble surprenante car le pouvoir coutumier a ses règles pour son accession”, reconnaît un observateur du milieu traditionnel.
“Mais dans le contexte actuel de guerre, la famille Bashali dit vouloir assurer la continuité, quitte à s’adapter aux réalités du terrain.”
Un précédent dans le Nyiragongo
Ce n’est pas la première fois qu’une autorité coutumière est installée sous contrôle de l’AFC/M23.
Dans la chefferie de Bakumu (territoire de Nyiragongo), un nouveau mwami avait également été intronisé en remplacement d’un chef en fuite, suscitant un débat similaire sur la légitimité de telles désignations.
Avec cette nouvelle intronisation annoncée à Kitshanga, le débat sur l’indépendance des pouvoirs coutumiers dans les zones de conflit est plus que jamais relancé.
Reste à savoir si cette nomination sera acceptée par l’ensemble de la communauté Bashali, notamment la diaspora, et si le prince Jacques Bashali pourra réellement exercer son autorité au-delà de la simple cérémonie.
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